Panneau B2a : réglementation, dimensions et implantation
Panneau B2a : signification, portée au carrefour, demi-tour, dimensions, hauteur, implantation et emploi temporaire.
Interdit de tourner à gauche à la prochaine intersection, sans interdire les autres mouvements.
B2a en bref
- Interdiction de tourner à gauche — flèche noire coudée à gauche, barrée de rouge
- L’interdiction s’applique à la prochaine intersection, et pas au-delà
- Se place avant l’endroit où s’applique la prescription, à une distance appropriée aux lieux
- Employé pour fermer un tourne-à-gauche pendant des travaux, avec le jalonnement de report
- IISR, 4e partie, art. 51 et 49 · art. 68 (pas de panneau de fin)
Fiche technique du B2a
- Code
- B2a
- Famille
- Prescription — interdiction
- Fonction
- Interdiction de tourner à gauche à la prochaine intersection
- Forme
- Circulaire
- Fond
- Blanc
- Bordure
- Rouge, avec flèche noire barrée d’une barre rouge
- Dimensions
- 450 à 1250 mm de diamètre selon la gamme
- Implantation
- Avant le carrefour concerné, à une distance appropriée aux lieux
- Usage
- Permanent ou temporaire
- Signalisation temporaire
- Oui, notamment pour neutraliser un tourne-à-gauche
- Panonceaux associés
- M4 (catégorie, dont M4f pour un tonnage), M9z (mentions libres, plages horaires)
- Fin de prescription
- Aucun panneau de fin : indication ponctuelle évidente au sens de l’article 68
- Texte de référence
- Arrêté du 24 novembre 1967 + IISR, 4e partie, art. 51
Qu’est-ce que le panneau B2a ?
Le B2a porte une flèche noire qui amorce un virage à gauche, barrée d’une barre rouge, sur fond blanc à listel rouge. Il interdit un mouvement — le tourne-à-gauche — et l’instruction fixe sa portée sans ambiguïté : l’interdiction de tourner s’applique à la prochaine intersection. Sa nature est différente de celle des panneaux qui ferment une voie : il ne dit rien de la rue transversale, qui reste ouverte et peut parfaitement être empruntée par ceux qui y accèdent autrement. Il ne dit rien non plus de la voie sur laquelle il est posé, où l’on continue tout droit sans autre formalité. Ce qu’il retire au conducteur, c’est une option de trajectoire, et une seule.
Que signifie le panneau B2a ?
L’interdiction porte sur le mouvement de tourne-à-gauche à la prochaine intersection. Elle ne s’étend ni aux intersections suivantes, ni aux mouvements voisins : tourner à droite, continuer tout droit restent permis, et le demi-tour relève d’un autre panneau, le B2c, qui porte son propre pictogramme et sa propre portée — jusqu’à la prochaine intersection incluse. C’est la première source de discussion sur le terrain — « est-ce que le B2a interdit aussi le demi-tour ? » — et la réponse tient à ce que la signalisation française dispose de deux panneaux distincts pour deux manœuvres distinctes, définis par deux articles distincts. Le second point qui se discute est celui de la portée : un B2a s’adresse au carrefour qui suit, pas à tous ceux de la rue. Posé trop loin en amont, il devient illisible, car le conducteur ne sait plus à quel carrefour il devait renoncer.
- Carrefour où le tourne-à-gauche traverse un flux opposé dense, sans voie d’attente ni feu dédié.
- Traversée de plate-forme de tramway ou de bus, où le mouvement croiserait la voie réservée.
- Bretelle d’insertion ou d’entrecroisement sur autoroute ou route à chaussées séparées : un B2a est implanté sur la bretelle, à 50 m environ avant le nez géométrique.
- Bretelle de sortie d’une aire annexe, où le B2a est implanté à 20 m au moins avant le nez géométrique.
- Rue transversale devenue trop étroite pour recevoir un flux tournant, après un aménagement de trottoir ou de piste cyclable.
- Abords d’école ou de commerce, aux heures où le mouvement tournant crée une file en travers de la chaussée — l’interdiction pouvant alors être limitée à une plage horaire portée par un panonceau.
Réglementation du panneau B2a
Ce que disent les textes
RéglementaireL’article 51 de la 4e partie de l’instruction traite ensemble le B2a et le B2b et énonce que l’interdiction de tourner s’applique à la prochaine intersection. Il règle aussi deux cas d’implantation précis. À l’intersection d’une chaussée d’autoroute ou de route à chaussées séparées avec une bretelle d’insertion ou d’entrecroisement, un B2b est mis en place sur la voie principale avant le nez géométrique, et un B2a sur la bretelle, à 50 m environ avant ce nez ; lorsque la bretelle comporte deux voies de circulation, le B2a est répété à gauche. Sur la bretelle de sortie d’une aire annexe, le B2a est implanté à 20 m au moins avant le nez géométrique. L’article ajoute que ces panneaux peuvent être complétés par un panonceau de catégorie M4. L’article 49 précise l’implantation générale : par exception à la règle du voisinage immédiat, les B2a, B2b et B2c se placent avant l’endroit où s’applique la prescription qu’ils indiquent, à une distance appropriée compte tenu de la disposition des lieux. L’interdiction elle-même procède d’une décision de police de la circulation prise par l’autorité compétente ; le panneau la porte à la connaissance des usagers.
Ce que fait la pratique
Pratique d’implantationLe point d’implantation retenu sur le terrain est celui d’où le conducteur peut encore renoncer à se placer sur la file de gauche : posé trop loin en amont, entre deux rues, le panneau devient ambigu ; posé au ras du carrefour, il arrive après la décision qu’il devait orienter. Les gestionnaires accompagnent aussi couramment l’interdiction d’un jalonnement indiquant par où le mouvement supprimé peut être refait — interdire sans proposer d’alternative produit des demi-tours et des marches arrière au carrefour suivant.
Ce que nous recommandons
Recommandation SignaltekNous conseillons de contrôler la lisibilité depuis la file de gauche, celle des conducteurs que le panneau vise, et non depuis le trottoir d’où on vient de le poser. Nous conseillons également, lorsque l’interdiction ne vaut que certaines heures ou certains jours, de poser le panonceau en même temps que le disque : une interdiction permanente affichée pour un besoin ponctuel est la meilleure façon d’apprendre aux usagers à ne plus la lire — et le panonceau d’indications diverses M9 existe précisément pour préciser la nature exacte de la prescription.
Ce qui se joue juridiquement
PortéeL’interdiction d’un mouvement directionnel est instituée par une décision de l’autorité compétente sur la voie, que la signalisation porte à la connaissance des usagers. Sa portée exacte — le carrefour visé, les catégories concernées, les plages horaires — s’apprécie au regard de cette décision autant que du panneau et de ses panonceaux. En signalisation temporaire, l’article 135 de la 8e partie prévoit que la pose de signaux de prescription soit, sauf force majeure, préalablement autorisée par un arrêté de l’autorité investie du pouvoir de police. Cette fiche ne tranche donc rien : pour un projet précis, la réponse se trouve dans les textes applicables et auprès du gestionnaire de la voie.
Sources réglementaires
Arrêté du 24 novembre 1967
Signalisation des routes et des autoroutes — définit les panneaux et leurs caractéristiques.
Voir le texte officiel →IISR — 1re partie, Généralités
Implantation (art. 8), hauteur (art. 9) et tableau des dimensions des panneaux.
Voir le texte officiel →IISR — 4e partie, Signalisation de prescription
Art. 49 (implantation : les B2a se placent avant la prescription), art. 51 (portée à la prochaine intersection, bretelles, panonceau M4), art. 68 (pas de signalisation de fin).
Voir le texte officiel →IISR — 1re partie, Généralités
Art. 8, e) : sur chaussée unidirectionnelle, un B2a peut être placé au seul côté gauche si le signal de droite n’est pas visible dans des conditions satisfaisantes. Art. 9-1 : panonceaux M4 et M9.
Voir le texte officiel →
Références établies sur les versions consolidées de l’IISR diffusées par le Cerema, qui sont des documents de travail : juridiquement, les textes publiés au Journal officiel font foi.
Dimensions du panneau B2a
La gamme se choisit selon la voie et la vitesse, jamais selon le panneau.
| Gamme | Diamètre du disque | Emploi |
|---|---|---|
| Miniature | 450 mm | Utilisée notamment sur voies privées ouvertes à la circulation, parcs de stationnement, aires de service. |
| Petite | 650 mm | Utilisée notamment en voirie urbaine contrainte, où la gamme normale gênerait le passage. |
| Normale | 850 mm | La gamme employée en règle générale. |
| Grande | 1050 mm | Utilisée notamment sur certaines routes à chaussées séparées et voies rapides. |
| Très grande | 1250 mm | Utilisée notamment sur autoroutes et certaines sections à vitesse élevée. |
Source — IISR, 1re partie — Généralités, tableau des dimensions des panneaux, colonne « Disque (diamètre) ». La gamme normale s’emploie en règle générale ; le choix d’une autre gamme relève des règles de l’IISR et du type de voie, et non du seul code du panneau. Les emplois cités ci-dessus sont des exemples, pas une règle d’affectation.
Implantation du panneau B2a
- Hauteur
- En rase campagne, le bord inférieur du panneau est placé en principe à 1,00 m au-dessus du niveau de l’accotement. En agglomération bénéficiant d’un éclairage public, les panneaux peuvent être placés jusqu’à 2,30 m, notamment afin de limiter la gêne pour les piétons. « En principe » n’est pas une précaution de style : l’article prévoit des adaptations selon les circonstances locales.
- Distance latérale
- La distance entre l’aplomb de l’extrémité du panneau située côté chaussée et la rive voisine ne doit pas être inférieure à 0,70 m. Elle peut être réduite lorsque les contraintes physiques ou géométriques le nécessitent, notamment en agglomération ou en montagne. À ne pas confondre avec la position du support : en rase campagne, l’article 8 prévoit aussi que le panneau soit hors de la zone de récupération, ou son support à 2 m au moins du bord voisin de la chaussée, sauf circonstances particulières.
- Distance d’annonce
- Le B2a fait exception à la règle du voisinage immédiat : il se place avant l’endroit où s’applique la prescription, à une distance appropriée compte tenu de la disposition des lieux. L’instruction chiffre deux cas particuliers : sur une bretelle d’insertion ou d’entrecroisement, 50 m environ avant le nez géométrique ; sur la bretelle de sortie d’une aire annexe, 20 m au moins avant ce nez.
- Orientation
- Face au flux qui aborde le carrefour. La face avant du panneau doit être sensiblement perpendiculaire à la direction suivie par l’usager, et le plan du panneau, sur accotement, est vertical et légèrement tourné vers l’extérieur : l’angle avec l’axe de vision doit rester différent de 90°, faute de quoi la réflexion spéculaire rend le disque illisible quelques secondes de nuit.
- Visibilité
- Le B2a souffre d’un mal spécifique : il est souvent posé dans la zone la plus encombrée de la rue, à l’angle du carrefour, où se concentrent feux, mobilier, enseignes et véhicules en attente. L’instruction ouvre ici une porte que le B2b n’a pas : sur une chaussée ou un tronçon unidirectionnel, lorsque le signal placé à droite n’est pas visible dans des conditions satisfaisantes, on peut se contenter du signal placé à gauche s’il s’agit d’un B2a, d’un B2c ou d’un B14.
- En agglomération
- Terrain principal du B2a. Il y accompagne souvent une reprise de plan de circulation, et se double d’un jalonnement indiquant par où le mouvement supprimé peut être refait : interdire sans proposer d’alternative produit des demi-tours et des marches arrière au carrefour suivant.
- Hors agglomération
- C’est là que l’instruction est la plus précise. À l’intersection d’une chaussée d’autoroute ou de route à chaussées séparées avec une bretelle d’insertion ou d’entrecroisement, le B2a est implanté sur la bretelle, à 50 m environ avant le nez géométrique ; lorsque la bretelle comporte deux voies de circulation, il est répété à gauche. Sur la bretelle de sortie d’une aire annexe, il est implanté à 20 m au moins avant le nez géométrique.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 9 « Hauteur des panneaux au-dessus du sol », A-a et A-b.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 8 « Implantation des signaux », i).
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 49 et 51.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 8, a).
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 8, e).
Source — Pratique d’implantation courante des gestionnaires de voirie.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 51.
Quand utiliser un B2a ?
Quand un mouvement tournant précis pose un problème de sécurité ou de capacité, et que le reste du carrefour peut continuer de fonctionner. Le B2a se choisit lorsque la rue transversale reste ouverte : c’est ce qui le distingue d’un B1 posé à son entrée, qui interdirait à tout le monde d’y pénétrer, y compris à ceux qui viennent d’ailleurs. Il se choisit également plutôt qu’un panneau de direction obligatoire lorsqu’on veut retirer une seule option et laisser les autres : imposer d’aller tout droit ferme aussi le tourne-à-droite, ce que le gestionnaire ne cherchait pas toujours. Enfin, il n’y a pas lieu de l’employer là où le mouvement est déjà impossible — un îlot infranchissable, une rue à sens unique sortante : la sur-signalisation est un écueil reconnu par les gestionnaires de voirie, et un panneau qui répète l’évidence fait douter de ceux qui, à côté, interdisent quelque chose de réel.
Panneaux associés
B2b — Interdiction de tourner à droite
Le mouvement symétrique, traité par le même article 51. Les deux ne sont pourtant pas interchangeables à la pose : l’article 8, e) autorise le B2a seul à gauche, pas le B2b.
B2c — Interdiction de faire demi-tour
La manœuvre voisine, définie par l’article 51-1 avec une portée différente : jusqu’à la prochaine intersection incluse. Interdire de tourner à gauche n’est pas interdire de faire demi-tour.
B21-1 — Direction obligatoire
L’autre manière de traiter un carrefour : imposer une direction plutôt que d’en interdire une.
B1 — Sens interdit
La solution voisine quand c’est l’accès à la voie transversale, et non le mouvement, qu’il faut fermer. L’article 50-1 admet d’ailleurs qu’un B2 visible depuis la voie affluente tienne lieu de B1, avec modération.
M4 — Panonceau de catégorie
Explicitement prévu par l’article 51 : ces panneaux peuvent être complétés par un panonceau de catégorie M4, qui restreint l’interdiction à une catégorie de véhicules.
M4f — Panonceau de catégorie avec tonnage
Porte un chiffre de tonnage : l’interdiction ne s’applique alors que si le poids total autorisé en charge ou le poids total roulant autorisé du véhicule ou de l’ensemble dépasse ce chiffre.
M9z — Panonceau à mention libre
Porte les restrictions horaires — « 8h-15h », « le samedi » — quand l’interdiction ne vaut pas en permanence.
Quand prend fin une interdiction de tourner à gauche ?
La question a une réponse courte, et l’instruction la donne deux fois. L’article 51 fixe la portée : l’interdiction de tourner s’applique à la prochaine intersection. L’article 68 en tire la conséquence : il n’y a pas lieu de mettre en place une signalisation de fin de prescription lorsqu’il s’agit d’une indication ponctuelle évidente, et il cite expressément la défense de tourner à gauche.
Le franchissement de l’intersection concernée
L’interdiction de tourner s’applique à la prochaine intersection. Une fois celle-ci franchie, elle n’a plus d’objet : elle ne se reporte pas sur le carrefour suivant, qui devra recevoir son propre panneau si le mouvement doit y être interdit aussi.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 51.
Aucun panneau de fin n’est requis
L’instruction dispense de signalisation de fin de prescription lorsqu’il s’agit d’une indication ponctuelle évidente, et donne pour exemple la défense de tourner à gauche. Chercher un « panneau de fin d’interdiction de tourner » revient donc à chercher un signal que le texte n’attend pas.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 68.
Une plage horaire portée par un panonceau
Lorsque l’interdiction est assortie d’un panonceau d’indications diverses précisant ses modalités d’application, elle ne produit d’effet que pendant la plage indiquée ; en dehors, le mouvement redevient possible sans qu’aucun panneau ne le signale. Le panonceau M9 est employé chaque fois qu’il y a lieu de préciser la nature exacte de la prescription.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 9-1, § 9 (panonceaux M9).
La fin d’une neutralisation temporaire
Le retour aux conditions normales de circulation est indiqué par un panneau B31 de fin de toutes prescriptions, à moins que certaines prescriptions restent valables, auquel cas elles doivent être rétablies au-delà de ce B31. Le jalonnement de report, qui a envoyé les usagers ailleurs pendant des semaines, se remet en cohérence en même temps.
Source — IISR, 8e partie — Signalisation temporaire, article 133, E.
B2a en signalisation temporaire
Neutraliser un tourne-à-gauche est l’une des mesures les plus courantes autour d’un chantier urbain, parce que la file d’attente qu’il crée déborde sur l’emprise ou bloque la voie de circulation restante. Le B2a provisoire se pose alors comme le permanent — avant le carrefour, à une distance appropriée aux lieux — sur pied lesté, avec deux précautions supplémentaires. La première tient au report : un mouvement supprimé se refait ailleurs, et si personne ne dit où, les conducteurs improvisent — demi-tour au carrefour suivant, marche arrière, traversée d’une rue résidentielle. Le jalonnement de report fait donc partie du dispositif, au même titre que le disque. La seconde tient à la séquence : l’instruction impose que les panneaux de prescription temporaires soient nécessairement précédés d’au moins un panneau de danger, et un usager se présentant par une route transversale doit être informé de toutes les prescriptions imposées sur la route qu’il aborde. Sur un axe emprunté quotidiennement, une interdiction nouvelle est en outre lue tardivement, voire pas du tout pendant les premiers jours. À la fin, le panneau se dépose avec le reste : maintenu, il continue d’interdire un mouvement que plus rien n’empêche, et l’usager qui le voit tous les jours finit par ne plus croire aucun panneau de ce carrefour.
Les 6 erreurs les plus fréquentes
- 01Posé trop loin en amont du carrefourPlacé cinquante mètres avant, entre deux rues, le B2a devient ambigu : le conducteur ne sait plus s’il vise le carrefour immédiat ou le suivant. L’instruction demande qu’il se place avant l’endroit où s’applique la prescription à une distance appropriée compte tenu de la disposition des lieux — c’est la disposition des lieux, pas une distance forfaitaire, qui commande.
- 02Un seul panneau sur une chaussée à plusieurs filesLe disque est à droite, le conducteur qui veut tourner à gauche est sur la file intérieure, derrière un bus. Il ne verra jamais le panneau. L’instruction prévoit pour ce cas, sur chaussée unidirectionnelle, que l’on puisse se contenter du signal placé à gauche lorsque celui de droite n’est pas visible dans des conditions satisfaisantes — faculté ouverte au B2a, et pas au B2b.
- 03Interdire sans dire par où passerLe mouvement disparaît, l’itinéraire de report n’est jalonné nulle part. Ceux qui devaient tourner à gauche cherchent une solution sur place : demi-tour, traversée d’un quartier résidentiel, marche arrière dans le carrefour. L’interdiction déplace le problème au lieu de le régler.
- 04Confondre l’interdiction de tourner et l’obligation d’aller tout droitPoser une direction obligatoire pour supprimer un tourne-à-gauche ferme aussi le tourne-à-droite, que personne ne voulait interdire. Interdire retire une option ; imposer les retire toutes sauf une. Le choix n’est pas cosmétique, et les commerces de la rue transversale s’en aperçoivent avant le gestionnaire.
- 05La restriction horaire restée dans l’arrêtéL’interdiction ne devait valoir qu’aux heures d’entrée et de sortie d’école ; le panonceau n’a pas été posé. Le panneau interdit alors en permanence un mouvement utile le reste du temps, les riverains le franchissent, et l’interdiction perd sa force les heures où elle comptait vraiment.
- 06Le B2a répété au carrefour suivant « pour être sûr »La portée est fixée par le texte : la prochaine intersection. Un second disque planté deux cents mètres plus loin n’étend pas la première interdiction, il en crée une seconde, qui vise un carrefour que le gestionnaire n’avait peut-être pas décidé de fermer. Chaque carrefour à traiter demande sa propre décision.
B2a ou B1 : interdire le mouvement, ou fermer la rue ?
| B2a | B1 | |
|---|---|---|
| Ce qui est interdit | Un mouvement, à la prochaine intersection | L’entrée dans une voie, par ce côté |
| Effet sur la rue transversale | Elle reste ouverte, accessible par ailleurs | Elle devient à sens unique, sortante de ce côté |
| Qui est concerné | Les seuls véhicules venant de cette branche | Tous les véhicules qui voudraient s’y engager par là |
| Où le panneau se pose | Avant le carrefour, à une distance appropriée aux lieux (art. 49) | Au début de la section et à toutes les intersections y donnant accès (art. 50-1) |
| Portée | La prochaine intersection (art. 51) | Le plan de circulation de la voie |
| Panneau de fin | Aucun : indication ponctuelle évidente (art. 68) | Aucun non plus : l’instruction n’en prévoit pas |
On pose un B2a quand le problème est le mouvement lui-même — la traversée du flux opposé, l’attente dans l’axe, le croisement d’une plate-forme de transport — et que la rue transversale doit rester desservie. On pose un B1 quand c’est la rue elle-même qui ne doit plus être empruntée dans ce sens, quelle que soit la branche d’où l’on vient. Les deux réponses n’ont pas le même coût pour les riverains : le B2a leur laisse un accès par un autre itinéraire, le B1 réorganise la desserte de toute la rue. C’est le genre d’arbitrage qui se tranche avec le gestionnaire, pas au moment de la pose.
Questions fréquentes
Le panneau B2a interdit-il aussi le demi-tour ?
Non. La signalisation française dispose d’un panneau distinct pour le demi-tour, le B2c, défini par l’article 51-1 avec sa propre portée — jusqu’à la prochaine intersection incluse. Le B2a, défini par l’article 51, vise le mouvement de tourne-à-gauche à la prochaine intersection. Lorsqu’un gestionnaire veut interdire les deux manœuvres au même endroit, les deux panneaux se posent.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 51 et 51-1.
À quel carrefour s’applique un panneau B2a ?
À la prochaine intersection. L’instruction l’énonce en une phrase : l’interdiction de tourner s’applique à la prochaine intersection. Elle ne se reporte pas sur les carrefours suivants ; chacun d’eux devra recevoir son propre panneau si le mouvement doit y être interdit aussi. C’est pourquoi un B2a posé loin en amont, entre deux rues, devient illisible.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 51.
Peut-on interdire de tourner à gauche seulement à certaines heures ?
Oui, et c’est un usage courant aux abords des écoles ou des zones commerciales. La restriction se porte sur un panonceau d’indications diverses placé sous le disque — plage horaire, jours concernés — ce panonceau étant employé chaque fois qu’il y a lieu de préciser la nature exacte de la prescription. Sa rédaction doit correspondre à ce que prévoit la décision qui institue l’interdiction.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 9-1, § 9 (panonceaux M9).
Faut-il répéter le B2a à gauche de la chaussée ?
L’instruction le prévoit dans un cas chiffré : sur une bretelle d’insertion ou d’entrecroisement comportant deux voies de circulation, le B2a est répété à gauche. Ailleurs, sur chaussée unidirectionnelle, elle ouvre une autre possibilité : lorsque le signal placé à droite n’est pas visible dans des conditions satisfaisantes, on peut se contenter du signal placé à gauche s’il s’agit d’un B2a, d’un B2c ou d’un B14.
Source — IISR, 4e partie, article 51 ; 1re partie, article 8, e).
Quel diamètre pour un panneau B2a ?
Le B2a étant circulaire, la dimension s’exprime en diamètre : 450 mm en miniature, 650 en petite, 850 en normale, 1 050 en grande, 1 250 en très grande. En carrefour urbain chargé, la gamme normale reste la référence ; on monte d’une gamme lorsque la lecture doit se faire de loin, sur une voie rapide ou une chaussée large.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 5-3 et tableau des dimensions des panneaux, colonne « Disque (diamètre) ».
À quelle hauteur poser un panneau d’interdiction de tourner ?
En rase campagne, le bord inférieur du panneau est placé en principe à 1,00 m au-dessus du niveau de l’accotement. En agglomération bénéficiant d’un éclairage public, les panneaux peuvent être placés jusqu’à 2,30 m, notamment afin de limiter la gêne pour les piétons. En angle de carrefour encombré, cette possibilité aide à dégager le disque du mobilier urbain.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 9, A-a et A-b.
Le B2a s’applique-t-il aux cyclistes ?
Un cycle est un véhicule : sauf mention contraire portée par un panonceau, l’interdiction le concerne. L’article 51 prévoit que le panneau puisse être complété par un panonceau de catégorie M4, qui restreint la prescription à certaines catégories de véhicules ; les panonceaux M9v1 et M9v2 soustraient spécifiquement les cyclistes. Le régime applicable à un carrefour donné dépend de la décision de l’autorité compétente.
Source — IISR, 4e partie, article 51 ; 1re partie, panonceaux M4 et M9.
Pour aller plus loin
Fiche relue le 8 septembre 2026. La réglementation évolue : en cas de doute, le texte officiel fait foi.