Panneau B1 : réglementation, dimensions et implantation
Panneau B1 : signification, sens unique, double sens cyclable, dimensions, hauteur, implantation et usage sur chantier.
Indique, au début d’une chaussée à sens unique, que les véhicules peuvent seulement y circuler en sens inverse.
B1 en bref
- Sens interdit — disque rouge barré d’un rectangle blanc horizontal
- Interdit l’engagement au droit du panneau, pas la circulation sur une section
- Au début de la section, et à toutes les intersections par lesquelles des véhicules peuvent y accéder
- Employé pour inverser ou fermer un sens le temps d’un chantier, et sur route barrée éloignée du barrage
- IISR, 4e partie, art. 50-1 · 8e partie, art. 128
Fiche technique du B1
- Code
- B1
- Famille
- Prescription — interdiction
- Fonction
- Sens interdit à tout véhicule
- Forme
- Circulaire
- Fond
- Rouge
- Bordure
- Rouge, avec un rectangle blanc horizontal au centre
- Dimensions
- 450 à 1250 mm de diamètre selon la gamme
- Implantation
- Au début de la section et à toutes les intersections y donnant accès
- Usage
- Permanent ou temporaire
- Signalisation temporaire
- Oui, pour inverser ou neutraliser un sens
- Panonceaux associés
- M9 (« SAUF BUS », mentions libres), M9v1 / M9v2 (sauf cycles), M1 (distance), M11b
- Variante
- B1j — encart de répétition sur bretelle de sortie
- Fin de prescription
- Aucun panneau de fin de sens interdit dans l’instruction
- Texte de référence
- Arrêté du 24 novembre 1967 + IISR, 4e partie
Qu’est-ce que le panneau B1 ?
Le B1 est un disque entièrement rouge barré d’un large rectangle blanc horizontal. L’instruction lui donne une formulation qui surprend souvent : le panneau indique, au début des chaussées en sens unique, que les véhicules peuvent seulement y circuler en sens inverse. Il ne décrit donc pas une zone interdite mais l’envers d’un régime de circulation. C’est aussi le seul panneau de la famille que tout le monde sait nommer — ce qui n’empêche pas la moitié des erreurs de pose de le concerner. Sa logique est particulière : il ne prescrit pas sur une longueur de voie, comme une limitation de vitesse ou une interdiction de dépasser. Il prescrit en un point. Une fois le panneau franchi — ce qui n’aurait pas dû arriver — il n’y a rien derrière lui.
Que signifie le panneau B1 ?
Le B1 est l’envers d’un sens unique, et l’instruction en tire une conséquence d’implantation : l’existence d’un sens interdit doit faire l’objet d’une signalisation placée non seulement au début de la section concernée, mais aussi à toutes les intersections — autres que celles avec des voies privées non ouvertes à la circulation publique ou des chemins de terre — par lesquelles des véhicules peuvent accéder à cette section. Le B1 vise les véhicules, pas les piétons : un sens interdit reste une rue où l’on marche dans les deux sens. Il vise tous les véhicules, cycles compris, sauf lorsqu’un panonceau ouvre le contresens à une catégorie. Deux cas se distinguent : lorsqu’une voie de circulation à contresens est dédiée à certains usagers, l’instruction prévoit un B1 complété par un panonceau M9, par exemple « SAUF BUS », et éventuellement un panonceau directionnel M3a ; pour les cycles, ce sont les panonceaux M9v1 « INTERDIT SAUF » et M9v2 « SAUF », qui portent le pictogramme du cycle, qui soustraient les cyclistes à la prescription.
- Sortie d’une rue à sens unique, face aux véhicules qui pourraient la remonter.
- Bretelle de sortie d’une voie rapide ou d’un échangeur : deux B1 encadrent la bretelle au carrefour de raccordement, et deux autres sont répétés en aval.
- Bretelle d’entrée sur autoroute ou route à chaussées séparées provenant d’une autre voie de même nature, face à l’usager supposé avoir pris l’autoroute à contresens.
- Voirie de lotissement ou de zone d’activité organisée en boucle, où le sens de circulation est imposé.
- Rue à double sens cyclable : B1 assorti d’un panonceau M9v1 ou M9v2 ouvrant le contresens aux cycles.
- Chantier : inversion provisoire du sens de circulation, ou route barrée dont le barrage ne se trouve pas aux abords immédiats.
Réglementation du panneau B1
Ce que disent les textes
RéglementaireL’article 50-1 de la 4e partie de l’instruction énonce que le panneau B1 indique, au début des chaussées en sens unique, que les véhicules peuvent seulement y circuler en sens inverse. Le même article règle plusieurs cas d’espèce. Lorsque l’interdiction ne s’applique pas de façon permanente, il y a lieu d’utiliser de préférence un panneau mobile occultable ou pliable, complété par un panonceau d’indications diverses M9 ou M11b ; le panneau peut aussi être complété par un panonceau de distance M1. La signalisation doit être placée non seulement au début de la section, mais à toutes les intersections par lesquelles des véhicules peuvent y accéder. L’instruction ouvre une seule dérogation, et l’assortit d’une réserve explicite : dans certains cas, par souci de l’environnement par exemple, on peut ne pas poser les panneaux B1 si la même indication est donnée par des panneaux B2 ou B21 visibles par les usagers des voies affluentes — mais « il ne faut user de cette faculté qu’avec modération ». L’interdiction procède du plan de circulation arrêté par l’autorité compétente ; le panneau le porte à la connaissance des usagers, il ne l’institue pas.
Ce que fait la pratique
Pratique d’implantationLe B1 marque l’extrémité par laquelle on ne peut pas entrer ; le C12 marque celle par laquelle on entre. Les deux décrivent le même régime et se complètent habituellement aux deux extrémités d’une voie à sens unique — c’est un usage d’exploitation, non une obligation posée par l’article 50-1, qui ne traite que du B1. Sur une chaussée large, ou lorsqu’un stationnement latéral peut masquer le panneau, il est courant de doubler le B1 de part et d’autre de la chaussée. Là où plusieurs branches débouchent sur le même carrefour, chacune reçoit son panneau et son orientation propre.
Ce que nous recommandons
Recommandation SignaltekNous conseillons de vérifier trois choses avant de quitter le chantier. Que le B1 soit visible depuis la position réelle d’un conducteur qui aborde le carrefour, et non depuis le trottoir où on vient de le poser — un stationnement latéral suffit à l’effacer. Que le régime de la voie corresponde à ce que le panneau raconte : un B1 posé sur une voie qui n’est pas à sens unique décrit une interdiction d’entrée, pas un sens unique, et le C12 correspondant n’a alors rien à faire à l’autre bout. Et, lorsqu’un double sens cyclable existe, que le panonceau qui l’exprime soit bien en place : sans lui, les cyclistes autorisés à remonter la voie circulent sous un panneau qui les interdit.
Ce qui se joue juridiquement
PortéeLe plan de circulation d’une commune ou d’un gestionnaire est institué par une décision de l’autorité compétente, que la signalisation porte à la connaissance des usagers. En signalisation temporaire, l’article 135 de la 8e partie prévoit que la pose de signaux de prescription soit, sauf force majeure, préalablement autorisée par un arrêté de l’autorité investie du pouvoir de police sur la route concernée. Les conséquences d’une signalisation absente, contradictoire avec l’acte, ou masquée sur le terrain, s’apprécient au regard de la nature de la voie, de l’autorité compétente et des circonstances de l’espèce. Cette fiche ne tranche donc rien : pour un projet précis, la réponse se trouve dans les textes applicables et auprès du gestionnaire de la voie.
Sources réglementaires
Arrêté du 24 novembre 1967
Signalisation des routes et des autoroutes — définit les panneaux et leurs caractéristiques.
Voir le texte officiel →IISR — 1re partie, Généralités
Implantation (art. 8), hauteur (art. 9) et tableau des dimensions des panneaux.
Voir le texte officiel →IISR — 4e partie, Signalisation de prescription
Art. 49 (implantation), art. 50-1 (B1 : sens interdit, bretelles, voie à contresens dédiée), art. 68 à 68-20 (fins de prescription).
Voir le texte officiel →IISR — 8e partie, Signalisation temporaire
Art. 128 (route barrée et déviation), art. 133 E (basculement, retour aux conditions normales), art. 135 (arrêté préalable).
Voir le texte officiel →Code de la route — dispositions relatives au sens de circulation
Règles de circulation applicables aux voies à sens unique et aux aménagements cyclables.
Voir le texte officiel →
Références établies sur les versions consolidées de l’IISR diffusées par le Cerema, qui sont des documents de travail : juridiquement, les textes publiés au Journal officiel font foi.
Dimensions du panneau B1
La gamme se choisit selon la voie et la vitesse, jamais selon le panneau.
| Gamme | Diamètre du disque | Emploi |
|---|---|---|
| Miniature | 450 mm | Utilisée notamment sur voies privées ouvertes à la circulation, parcs de stationnement, aires de service. |
| Petite | 650 mm | Utilisée notamment en voirie urbaine contrainte, où la gamme normale gênerait le passage. |
| Normale | 850 mm | La gamme employée en règle générale. |
| Grande | 1050 mm | Utilisée notamment sur certaines routes à chaussées séparées et voies rapides. |
| Très grande | 1250 mm | Utilisée notamment sur autoroutes et certaines sections à vitesse élevée. |
Source — IISR, 1re partie — Généralités, tableau des dimensions des panneaux, colonne « Disque (diamètre) ». La gamme normale s’emploie en règle générale ; le choix d’une autre gamme relève des règles de l’IISR et du type de voie, et non du seul code du panneau. Les emplois cités ci-dessus sont des exemples, pas une règle d’affectation.
Implantation du panneau B1
- Hauteur
- En rase campagne, le bord inférieur du panneau est placé en principe à 1,00 m au-dessus du niveau de l’accotement. En agglomération bénéficiant d’un éclairage public, les panneaux peuvent être placés jusqu’à 2,30 m, notamment afin de limiter la gêne pour les piétons. « En principe » n’est pas une précaution de style : l’article prévoit des adaptations selon les circonstances locales.
- Distance latérale
- La distance entre l’aplomb de l’extrémité du panneau située côté chaussée et la rive voisine ne doit pas être inférieure à 0,70 m. Elle peut être réduite lorsque les contraintes physiques ou géométriques le nécessitent, notamment en agglomération ou en montagne. À ne pas confondre avec la position du support : en rase campagne, l’article 8 prévoit aussi que le panneau soit hors de la zone de récupération, ou son support à 2 m au moins du bord voisin de la chaussée, sauf circonstances particulières.
- Distance d’annonce
- Pas de distance d’annonce générale : le panneau est implanté au point d’accès interdit, au début de la section et à chaque intersection qui y donne accès. L’instruction prévoit toutefois qu’il puisse être complété par un panonceau de distance M1, ce qui permet d’annoncer l’interdiction en amont lorsque la configuration l’exige.
- Orientation
- Face au flux qu’il arrête, et à lui seul : l’instruction demande qu’un signal soit parfaitement visible par ceux à qui il est destiné et par ceux-là seulement. C’est la difficulté propre au B1 dans un carrefour à branches multiples, où un panneau trop ouvert est lu par des conducteurs auxquels il ne s’adresse pas. Le plan du panneau, sur accotement, est vertical et légèrement tourné vers l’extérieur de la route, pour que l’angle avec l’axe de vision reste différent de 90° et éviter la réflexion spéculaire.
- Visibilité
- Le B1 doit être lisible avant que la roue avant n’entre dans la voie. En ville, ses ennemis sont connus : un utilitaire en livraison, un conteneur, une haie qui a poussé. Sur les rues étroites, le doublement de part et d’autre de la chaussée est la parade la plus employée — c’est une pratique d’exploitation, l’instruction ne l’impose qu’en agglomération pour d’autres familles de panneaux.
- En agglomération
- C’est son terrain naturel. Il s’y pose au débouché des rues à sens unique, en vis-à-vis du C12 posé à l’autre extrémité. Là où le contresens cyclable est autorisé, le panonceau M9v1 ou M9v2 fait partie du dispositif et se pose en même temps que le disque.
- Hors agglomération
- L’instruction traite spécifiquement des bretelles. Sur les bretelles d’entrée d’une autoroute ou d’une route à chaussées séparées, les B1 ne sont implantés que si la bretelle provient d’une autre voie de même nature, et de manière à être vus depuis la section courante par un usager supposé avoir pris l’autoroute à contresens. Sur les bretelles de sortie, au carrefour de raccordement, deux B1 sont implantés à droite et à gauche, et deux autres sont répétés en aval pour alerter l’usager qui l’aurait empruntée à contresens ; ces deux derniers peuvent être remplacés par deux encarts B1j. Ces dispositions valent aussi pour les bretelles d’accès aux aires annexes.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 9 « Hauteur des panneaux au-dessus du sol », A-a et A-b.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 8 « Implantation des signaux », i).
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 49 et 50-1.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 8, a) et b).
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 8 (principe de visibilité) ; le doublement en rue est une pratique courante des gestionnaires.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 50-1 ; le couple avec le C12 est une pratique d’exploitation.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 50-1.
Quand utiliser un B1 ?
Dès qu’une voie est ouverte à la circulation dans un seul sens, et qu’il faut interdire l’autre. Le B1 se choisit lorsque la voie reste circulée : c’est ce qui le distingue du B0, qui vide la voie de toute circulation. Il ne se choisit pas pour interdire un mouvement à un carrefour — interdire de tourner à gauche depuis une voie qui reste ouverte relève du B2a, pas d’un sens interdit posé de biais. L’instruction admet de s’en dispenser lorsque des panneaux B2 ou B21 visibles depuis les voies affluentes donnent la même indication, mais elle demande expressément de n’user de cette faculté qu’avec modération : la règle reste la signalisation de toutes les entrées.
Panneaux associés
C12 — Circulation à sens unique
L’autre moitié du dispositif : le C12 dit à ceux qui entrent dans le bon sens ce que le B1 interdit à ceux qui remontent. Son emploi conjoint relève de la pratique d’exploitation, l’article 50-1 ne traitant que du B1.
M9v1 — Panonceau « INTERDIT SAUF » cycles
C’est par lui, ou par le M9v2, qu’un double sens cyclable s’exprime : il soustrait les cyclistes à la prescription du disque.
M9v2 — Panonceau « SAUF » cycles
Même fonction, formulation courte. Sans lui, les cyclistes autorisés circulent sous un panneau qui les interdit.
B0 — Circulation interdite
Le choix se joue entre les deux : fermer un sens, ou fermer la voie. Sur route barrée, la 8e partie retient le B1 lorsque le barrage n’est pas aux abords immédiats.
B2a — Interdiction de tourner à gauche
Quand c’est un mouvement de carrefour qu’il faut interdire, et non l’entrée d’une voie. L’article 50-1 admet aussi qu’un B2 visible depuis la voie affluente tienne lieu de B1, avec modération.
C13a — Impasse
Deux informations souvent confondues au débouché d’une rue : on ne peut pas passer, ou on ne peut pas entrer.
B21-1 — Direction obligatoire
Sur un carrefour réorganisé, imposer la direction complète utilement l’interdiction d’entrée — et l’article 50-1 vise les B21 au titre des panneaux pouvant tenir lieu de B1.
Quand prend fin un sens interdit ?
Le B1 ne se referme pas, parce qu’il n’ouvre rien : il n’instaure pas une prescription qui courrait sur une section, il interdit un engagement au droit du panneau. Le chapitre de l’instruction consacré aux fins de prescription ne prévoit d’ailleurs aucun panneau de fin de sens interdit. Ce qui met fin à l’interdiction, c’est la modification du plan de circulation lui-même.
La modification du plan de circulation
L’interdiction cesse lorsque l’autorité compétente rétablit le double sens et que la signalisation est déposée ou remplacée. Aucun panneau de fin ne l’éteint : la liste des signaux de fin d’interdiction de l’instruction — B31, B33, B34, B34a, B35, B39 — n’en comporte pas pour le sens interdit.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 68 à 68-20.
Un panonceau qui soustrait une catégorie d’usagers
Le panonceau ne met pas fin à l’interdiction : il en soustrait une catégorie, à l’endroit même où le disque prescrit. Un M9 « SAUF BUS » accompagne une voie de circulation à contresens dédiée ; un M9v1 ou M9v2, portant le pictogramme du cycle, soustrait les cyclistes. Pour tous les autres usagers, l’interdiction reste entière.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 50-1 ; 1re partie, panonceaux M9.
Une interdiction non permanente
Lorsque l’interdiction ne s’applique pas de façon permanente, l’instruction demande d’utiliser de préférence un panneau mobile occultable ou pliable, complété par un panonceau M9 ou M11b : c’est l’occultation du panneau, et non un panneau de fin, qui marque les périodes où l’interdiction ne joue pas.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 50-1.
La fin d’une inversion temporaire de sens
Le retour aux conditions normales de circulation est indiqué par un panneau B31 de fin de toutes prescriptions, à moins que certaines prescriptions restent valables, auquel cas elles doivent être rétablies au-delà de ce B31. La cohérence entre les deux extrémités de la voie est ce qui se vérifie en dernier, et ce qu’on oublie le plus souvent.
Source — IISR, 8e partie — Signalisation temporaire, article 133, E.
B1 en signalisation temporaire
En chantier, le B1 sert à trois choses. Premier emploi, l’inversion de sens — une rue habituellement descendante devient montante le temps des travaux, et il faut alors un B1 provisoire à l’ancienne entrée en même temps qu’une signalisation cohérente à l’autre bout. Un seul des deux panneaux posé, et la rue devient un double sens que personne n’a voulu, sur une chaussée souvent rétrécie par l’emprise. Deuxième emploi, la neutralisation d’une branche de carrefour pour empêcher l’accès à la zone de travaux. Troisième emploi, prévu par l’instruction elle-même : sur une route barrée, lorsque le barrage ne se trouve pas aux abords immédiats, c’est un B1 — et non un B0 — qui est implanté à l’origine de la déviation, complété le cas échéant par un panonceau portant la mention « SAUF RIVERAINS ». Dans tous les cas, le panneau provisoire est monté sur pied lesté, doit résister au vent comme au souffle des poids lourds, et se relève après chaque intervention nocturne : un B1 couché dans le caniveau n’interdit plus rien, et personne ne le signale tant qu’une équipe ne repasse pas. Il faut enfin veiller à ce que le B1 provisoire ne contredise pas la signalisation permanente restée en place : deux panneaux qui se contredisent au même carrefour, c’est l’usager qui arbitre, et il arbitre mal.
Les 6 erreurs les plus fréquentes
- 01Une intersection d’accès oubliéeLa sortie principale est signalée, mais une venelle latérale débouche plus loin dans la section, et rien ne l’annonce. L’instruction demande une signalisation à toutes les intersections par lesquelles des véhicules peuvent accéder à la section : c’est l’entrée qu’on n’avait pas recensée qui produit le contresens.
- 02Le B1 posé sans son C12La sortie de la rue est signalée, l’entrée ne dit rien. Le conducteur qui l’emprunte dans le bon sens ignore qu’il est en sens unique, et cherche à se ranger sur la droite comme s’il pouvait croiser. Les deux panneaux décrivent le même régime : signaler une extrémité sans l’autre laisse la moitié des usagers sans information.
- 03Un seul panneau pour un carrefour à plusieurs branchesPosé à l’angle, un B1 unique est lu par des conducteurs venant d’une branche qu’il ne visait pas, et manqué par ceux qui abordent la voie de face. L’instruction demande qu’un signal soit visible par ceux à qui il est destiné et par ceux-là seulement : chaque entrée à interdire demande son propre panneau, orienté sur son seul flux.
- 04Le double sens cyclable sans panonceauLe contresens est autorisé par l’aménagement et le marquage, mais le disque reste muet. Les cyclistes remontent la rue sous un panneau qui les interdit, les automobilistes ne s’attendent pas à les croiser. Ce qui autorise le contresens se lit sous le disque — M9v1 ou M9v2 — ou ne se lit nulle part.
- 05Le panneau masqué par le stationnementPosé bas et en retrait sur une rue où l’on se gare, le B1 disparaît derrière un utilitaire aux heures de livraison — exactement les heures où l’on cherche à entrer. Le doublement de part et d’autre de la chaussée, ou une implantation plus haute, règle un problème que personne ne voit le jour de la pose.
- 06Le B1 employé comme interdiction de tournerPour empêcher un tourne-à-gauche, on pose un sens interdit à l’entrée de la rue transversale, alors que celle-ci reste circulée dans les deux sens. Le panneau devient faux : la voie n’est pas à sens unique. C’est un B2a ou un B2b qu’il faut, posé sur la voie où le mouvement se décide.
B1 et C12 : les deux faces d’un sens unique
| B1 | C12 | |
|---|---|---|
| Nature | Prescription — interdiction | Indication |
| Ce qu’il dit | « Les véhicules ne peuvent circuler ici qu’en sens inverse » | « Cette voie se parcourt dans ce sens » |
| Aspect | Disque rouge, rectangle blanc | Carré bleu, flèche blanche |
| Où il se pose | Au début de la section et à toutes les intersections y donnant accès | À l’extrémité par laquelle on entre |
| Qui le lit | Les conducteurs qui pourraient remonter la voie | Les conducteurs qui s’y engagent normalement |
| S’il manque | La voie est remontée à contresens | Le conducteur ignore qu’il ne croisera personne, et se comporte comme en double sens |
La question n’est pas de choisir : ce sont les deux moitiés d’un même dispositif, et une rue à sens unique correctement signalée porte habituellement les deux. Le seul cas où le C12 se pose seul est celui d’une voie dont l’autre extrémité ne peut physiquement pas être empruntée par un véhicule. Le seul cas où le B1 se pose seul est celui d’une entrée interdite sur une voie qui n’est pas, elle, à sens unique — une bretelle, un accès de service — et là encore, mieux vaut vérifier que le régime réel de la voie correspond à ce que le panneau raconte.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre B0 et B1 ?
Le B0 interdit toute circulation de véhicules dans les deux sens : la voie est fermée. Le B1 indique, au début d’une chaussée à sens unique, que les véhicules ne peuvent y circuler qu’en sens inverse : la voie reste circulée. La question à se poser avant de poser : reste-t-il des véhicules qui doivent légitimement rouler ici ?
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 50 et 50-1.
Peut-on remonter un sens interdit à vélo ?
Seulement si le contresens est autorisé, ce qui se signale par un panonceau M9v1 « INTERDIT SAUF » ou M9v2 « SAUF » portant le pictogramme du cycle, dont la fonction est de soustraire les cyclistes à la prescription du panneau associé, et par l’aménagement de la voie. Sans ce panonceau, l’interdiction vise le cycle comme les autres véhicules. Le régime applicable à une rue donnée dépend de la décision de l’autorité compétente.
Source — IISR, 1re partie — panonceaux M9 (M9v1, M9v2) ; 4e partie, article 50-1.
Le sens interdit s’applique-t-il aux piétons ?
Non : le B1 s’adresse aux véhicules. Une rue à sens unique se parcourt à pied dans les deux sens. C’est la source d’un malentendu fréquent avec les riverains, qui lisent le disque comme une fermeture de la rue.
Faut-il un panneau B1 à chaque entrée de la rue ?
Oui : l’existence d’un sens interdit doit faire l’objet d’une signalisation placée non seulement au début de la section concernée, mais aussi à toutes les intersections par lesquelles des véhicules peuvent y accéder — hors voies privées non ouvertes à la circulation publique et chemins de terre. L’instruction admet d’y déroger si des panneaux B2 ou B21 visibles depuis les voies affluentes donnent la même indication, mais demande de n’user de cette faculté qu’avec modération.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 50-1.
Quel diamètre pour un panneau B1 ?
Le B1 étant circulaire, la dimension s’exprime en diamètre : 450 mm en miniature, 650 en petite, 850 en normale, 1 050 en grande, 1 250 en très grande. La gamme normale s’emploie en règle générale ; on descend en petite gamme dans les rues étroites, et on monte sur les bretelles où la lecture se fait à vitesse élevée.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 5-3 et tableau des dimensions des panneaux, colonne « Disque (diamètre) ».
À quelle hauteur poser un panneau de sens interdit ?
En rase campagne, le bord inférieur du panneau est placé en principe à 1,00 m au-dessus du niveau de l’accotement. En agglomération bénéficiant d’un éclairage public, les panneaux peuvent être placés jusqu’à 2,30 m, notamment afin de limiter la gêne pour les piétons. En rue commerçante, cette possibilité est précieuse : elle sort le panneau de la hauteur des véhicules en stationnement.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 9, A-a et A-b.
Faut-il deux panneaux B1 de part et d’autre de la chaussée ?
Ce n’est pas systématique : c’est un usage d’implantation, retenu lorsque la largeur de la chaussée ou le stationnement latéral risquent de masquer un panneau unique. Sur autoroutes et routes à chaussées séparées comportant au moins deux voies par sens, l’instruction prévoit en revanche que les panneaux placés à droite puissent être répétés de l’autre côté lorsqu’ils risquent de ne pas être aperçus à temps.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 8, c) ; le doublement en voirie urbaine est une pratique des gestionnaires.
Existe-t-il un panneau de fin de sens interdit ?
Non, et pour une raison de fond : le B1 n’ouvre pas une prescription qui courrait sur une longueur de voie, il interdit un engagement au droit du panneau. Le chapitre de l’instruction consacré aux signaux de fin d’interdiction n’en prévoit aucun pour le sens interdit. Ce qui met fin à l’interdiction, c’est la modification du plan de circulation et la dépose du panneau.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 68 à 68-20.
Pour aller plus loin
Fiche relue le 8 septembre 2026. La réglementation évolue : en cas de doute, le texte officiel fait foi.