Panneau B3a : réglementation, dimensions et implantation
Panneau B3a : signification, seuil de 3,5 tonnes, véhicules concernés, fin d’interdiction, dimensions, hauteur et implantation.
Interdit le dépassement aux véhicules affectés au transport de marchandises dont le poids autorisé dépasse 3,5 tonnes, en laissant le reste du trafic s’écouler.
B3a en bref
- Interdiction de dépasser pour le transport de marchandises — un camion rouge et une voiture
- Vise les véhicules affectés au transport de marchandises de plus de 3,5 t de PTAC ou PTRA
- Au début de la section, répété après chaque intersection ; à gauche aussi sur route à chaussées séparées
- Employé en réduction du nombre de voies ou de la largeur circulable
- IISR, 4e partie, art. 52 · art. 49 (répétition) · art. 68-3 (B34a)
Fiche technique du B3a
- Code
- B3a
- Famille
- Prescription — interdiction
- Fonction
- Interdiction de dépasser applicable aux véhicules de transport de marchandises de plus de 3,5 t
- Forme
- Circulaire
- Fond
- Blanc
- Bordure
- Rouge, avec un poids lourd en rouge et un véhicule léger
- Dimensions
- 450 à 1250 mm de diamètre selon la gamme
- Implantation
- Au voisinage immédiat du début de l’interdiction, répété après chaque intersection
- Usage
- Permanent ou temporaire
- Signalisation temporaire
- Oui, notamment sur les sections à voies réduites
- Panonceaux associés
- M1 (distance), M2 (étendue), M4f (tonnage), M4m, M4q, M9z (conditions particulières)
- Fin de prescription
- B34a, ou B31 ; le panonceau d’étendue en dispense
- Texte de référence
- Arrêté du 24 novembre 1967 + IISR, 4e partie, art. 52
Qu’est-ce que le panneau B3a ?
Le B3a reprend la composition du B3 en remplaçant le véhicule qui déborde par un poids lourd : un camion et une voiture côte à côte, sur disque blanc à listel rouge. L’article 52 de la 4e partie le définit dans la foulée du B3 : pour signaler que le dépassement n’est interdit, dans les mêmes conditions, qu’aux véhicules de transport de marchandises dont le poids total autorisé en charge ou le poids total roulant autorisé est supérieur à 3,5 tonnes, on utilise le panneau B3a. Deux éléments de cette phrase sont régulièrement perdus en route. « Dans les mêmes conditions » : ce que les véhicules visés ne peuvent pas dépasser, ce sont les véhicules à moteur autres que les deux-roues sans side-car — la même exception que pour le B3. Et « de transport de marchandises » : le seuil de 3,5 tonnes ne suffit pas à faire entrer un véhicule dans le champ du panneau, encore faut-il qu’il soit affecté au transport de marchandises.
Que signifie le panneau B3a ?
Le B3a s’adresse aux véhicules affectés au transport de marchandises dont le poids total autorisé en charge ou le poids total roulant autorisé dépasse 3,5 tonnes. Deux conséquences en découlent, et ce sont celles qu’on entend le plus souvent contredire sur un chantier. La première : le seuil renvoie à une caractéristique du véhicule, pas au chargement du jour — un ensemble routier ne cesse pas d’être concerné parce qu’il roule à vide, et le PTRA prend en compte l’ensemble attelé. La seconde : l’affectation au transport de marchandises est une condition, pas une illustration. Un autocar, un car de tourisme, un camping-car de plus de 3,5 tonnes ne transportent pas de marchandises, et le disque ne leur prescrit rien. Pour tous les autres véhicules, le B3a ne prescrit rien non plus : le dépassement reste possible dans les conditions générales de circulation, ce qui suppose que la géométrie de la section le permette réellement — sans quoi c’est un B3 qu’il fallait.
- Rampe longue où le différentiel de vitesse entre poids lourds rend le dépassement interminable.
- Route à chaussées séparées ou voie rapide à deux voies par sens, pour préserver l’écoulement de la voie de gauche.
- Section à fort trafic de transit et de fret, où les dépassements entre ensembles routiers gênent l’insertion.
- Tunnel et ouvrage d’art, où le déport d’un gabarit lourd est proscrit.
- Approche de barrière de péage, d’échangeur ou de zone d’insertion.
- Chantier : section à voies rétrécies, où la largeur circulable ne permet plus le passage côte à côte de deux gabarits lourds.
Réglementation du panneau B3a
Ce que disent les textes
RéglementaireL’article 52 de la 4e partie définit le B3a par référence au B3 : pour signaler que le dépassement n’est interdit, dans les mêmes conditions, qu’aux véhicules de transport de marchandises dont le poids total autorisé en charge ou le poids total roulant autorisé est supérieur à 3,5 tonnes, on utilise le panneau B3a. Le même article prévoit que le panneau puisse être complété par un panonceau précisant l’interdiction, et l’annexe 1 en donne les exemples applicables aux panneaux B3 : distance M1, étendue M2, tonnage M4f, caravanes M4x, matières dangereuses M4m, longueur M4q, plages horaires M9z. Le panonceau M4f mérite une mention particulière : l’inscription d’un chiffre de tonnage sur un panonceau de catégorie M4f signifie que l’interdiction ne s’applique que si le poids total autorisé en charge ou le poids total roulant autorisé du véhicule ou de l’ensemble de véhicules couplés dépasse ce chiffre — c’est ainsi que la valeur du seuil peut être ajustée. L’implantation relève de l’article 49 : au voisinage immédiat du début de la prescription, avec répétition après chaque intersection. L’article 68-3 nomme le panneau de fin : le B34a marque la fin d’une interdiction signalée par un B3a.
Ce que fait la pratique
Pratique d’implantationLa difficulté d’exploitation du B3a est que son public est aussi son obstacle : une file de poids lourds sur la voie de droite masque le disque à ceux qui la suivent, c’est-à-dire aux véhicules visés. L’instruction règle une partie du problème sur les grands axes en imposant la répétition à gauche ; ailleurs, l’implantation en hauteur ou le portique restent les seules parades. Sur les grands linéaires, la question des points de reprise se pose à chaque échangeur, une partie du flux lourd étant nouvelle à chaque entrée.
Ce que nous recommandons
Recommandation SignaltekNous conseillons de contrôler la lisibilité depuis la voie de droite et depuis une cabine haute — c’est de là que roulent les véhicules visés, et un panneau parfaitement lisible depuis une voiture peut ne jamais l’être depuis un poste de conduite à trois mètres du sol. Nous conseillons également de traiter la question de l’affectation au transport de marchandises dans les consignes données aux conducteurs avant le chantier plutôt que sur le terrain : c’est la source de contestation la plus fréquente, et elle se règle par une phrase écrite, pas par une discussion au bord de la voie.
Ce qui se joue juridiquement
PortéeUne interdiction de dépasser limitée à une catégorie de véhicules procède d’une décision de l’autorité compétente, que la signalisation porte à la connaissance des usagers. La détermination des véhicules concernés — affectation au transport de marchandises, poids total autorisé en charge, poids total roulant autorisé d’un ensemble couplé — s’apprécie au regard du texte applicable et des définitions du code de la route. En signalisation temporaire, l’article 135 de la 8e partie prévoit que la pose de signaux de prescription soit, sauf force majeure, préalablement autorisée par un arrêté de l’autorité investie du pouvoir de police. Cette fiche ne tranche donc rien : pour un projet précis, la réponse se trouve dans les textes applicables et auprès du gestionnaire de la voie.
Sources réglementaires
Arrêté du 24 novembre 1967
Signalisation des routes et des autoroutes — définit les panneaux et leurs caractéristiques.
Voir le texte officiel →IISR — 1re partie, Généralités
Implantation (art. 8), hauteur (art. 9) et tableau des dimensions des panneaux.
Voir le texte officiel →IISR — 4e partie, Signalisation de prescription
Art. 49 (implantation et répétition), art. 52 (définition du B3a et panonceaux, annexe 1), art. 57 (panonceau M4f et chiffre de tonnage), art. 68, 68-1 et 68-3 (B31, B34a).
Voir le texte officiel →IISR — 1re partie, Généralités
Art. 8, c) : sur autoroute et route à chaussées séparées d’au moins deux voies par sens, les panneaux d’interdiction de dépasser placés à droite sont répétés de l’autre côté ou sur portique.
Voir le texte officiel →IISR — 8e partie, Signalisation temporaire
Art. 126 (interdiction de dépasser en réduction de voies, répétition sur chantier de longue durée, retour aux conditions normales), art. 130 D (information de l’usager venant d’une route affluente), art. 135 (arrêté préalable).
Voir le texte officiel →Code de la route — définitions relatives au poids des véhicules
Notions de poids total autorisé en charge et de poids total roulant autorisé, auxquelles renvoie le seuil de l’article 52.
Voir le texte officiel →
Références établies sur les versions consolidées de l’IISR diffusées par le Cerema, qui sont des documents de travail : juridiquement, les textes publiés au Journal officiel font foi.
Dimensions du panneau B3a
La gamme se choisit selon la voie et la vitesse, jamais selon le panneau.
| Gamme | Diamètre du disque | Emploi |
|---|---|---|
| Miniature | 450 mm | Utilisée notamment sur voies privées ouvertes à la circulation, parcs de stationnement, aires de service. |
| Petite | 650 mm | Utilisée notamment en voirie urbaine contrainte, où la gamme normale gênerait le passage. |
| Normale | 850 mm | La gamme employée en règle générale. |
| Grande | 1050 mm | Utilisée notamment sur certaines routes à chaussées séparées et voies rapides. |
| Très grande | 1250 mm | Utilisée notamment sur autoroutes et certaines sections à vitesse élevée. |
Source — IISR, 1re partie — Généralités, tableau des dimensions des panneaux, colonne « Disque (diamètre) ». La gamme normale s’emploie en règle générale ; le choix d’une autre gamme relève des règles de l’IISR et du type de voie, et non du seul code du panneau. Les emplois cités ci-dessus sont des exemples, pas une règle d’affectation.
Implantation du panneau B3a
- Hauteur
- En rase campagne, le bord inférieur du panneau est placé en principe à 1,00 m au-dessus du niveau de l’accotement. En agglomération bénéficiant d’un éclairage public, les panneaux peuvent être placés jusqu’à 2,30 m, notamment afin de limiter la gêne pour les piétons. « En principe » n’est pas une précaution de style : l’article prévoit des adaptations selon les circonstances locales.
- Distance latérale
- La distance entre l’aplomb de l’extrémité du panneau située côté chaussée et la rive voisine ne doit pas être inférieure à 0,70 m. Elle peut être réduite lorsque les contraintes physiques ou géométriques le nécessitent, notamment en agglomération ou en montagne. À ne pas confondre avec la position du support : en rase campagne, l’article 8 prévoit aussi que le panneau soit hors de la zone de récupération, ou son support à 2 m au moins du bord voisin de la chaussée, sauf circonstances particulières.
- Distance d’annonce
- Pas de distance d’annonce réglementaire : le panneau est placé au voisinage immédiat de l’endroit où la prescription commence à s’imposer. L’annexe 1 prévoit toutefois l’emploi d’un panonceau de distance M1 avec les panneaux B3, ce qui permet d’annoncer la prescription en amont — utile ici, car un véhicule lourd engagé dans un dépassement à faible différentiel de vitesse a besoin de bien plus d’espace qu’une voiture pour se replacer.
- Orientation
- Face avant sensiblement perpendiculaire à la direction suivie par l’usager ; sur accotement, plan du panneau vertical et légèrement tourné vers l’extérieur, de façon que l’angle avec l’axe de vision reste différent de 90° et éviter la réflexion spéculaire. Le contrôle se fait ensuite depuis la voie de droite, à hauteur d’un pare-brise de camion.
- Visibilité
- La difficulté est différente de celle du B3 : ici, le panneau est souvent masqué non par la végétation mais par le trafic lui-même. L’instruction apporte une réponse sur les grands axes : sur autoroute et sur route à chaussées séparées par un terre-plein central comportant au moins deux voies par sens, les panneaux permanents indiquant une interdiction de dépasser placés à la droite de la route sont répétés de l’autre côté de la chaussée ou sur un portique au-dessus des voies.
- En agglomération
- Emploi rare : en agglomération, les restrictions applicables aux véhicules de transport de marchandises passent plus souvent par l’interdiction d’accès — le panneau B8 et son panonceau M4f de tonnage — que par l’interdiction de dépasser.
- Hors agglomération
- C’est son terrain, et particulièrement les routes à chaussées séparées et les voies rapides. Deux règles s’y cumulent : la répétition après chaque intersection, imposée par l’article 49, et la répétition de l’autre côté de la chaussée ou sur portique, imposée par l’article 8, c) de la 1re partie dès qu’il y a au moins deux voies par sens. Après un échangeur, une partie du flux lourd est nouvelle et n’a pas vu le panneau initial.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 9 « Hauteur des panneaux au-dessus du sol », A-a et A-b.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 8 « Implantation des signaux », i).
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 49 et 52 (annexe 1).
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 8, a) ; le contrôle depuis une cabine haute est une recommandation Signaltek.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 8, c).
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 52 et 57.
Source — IISR, 4e partie, article 49 ; 1re partie, article 8, c).
Quand utiliser un B3a ?
Quand le dépassement par le fret lourd pose un problème que le dépassement en général ne pose pas : rampe où deux camions se neutralisent, section à deux voies par sens où la voie de gauche doit rester disponible, insertion à préserver. Le raisonnement est symétrique de celui du B3 et se résume à une question : si l’on retirait les véhicules de transport de marchandises du tableau, resterait-il un problème ? Si oui, c’est un B3 qu’il faut ; si non, le B3a suffit, et il coûte beaucoup moins cher en acceptabilité. Une vérification s’impose ensuite, et elle est souvent oubliée : le champ du panneau. Si les véhicules en cause sont des autocars ou d’autres véhicules lourds non affectés au transport de marchandises, le B3a ne les atteint pas, et il faudra un B3 ou un panonceau de catégorie adapté. Enfin, la fin de la prescription doit se lire aussi clairement que son début, avec un panneau de fin de même portée.
Panneaux associés
B3 — Interdiction de dépasser
La version générale, définie par le même article 52. Le choix entre les deux se fait sur le motif réel de l’interdiction — et sur la nature des véhicules concernés, pas sur leur seul tonnage.
B34a — Fin de l’interdiction de dépasser notifiée par le panneau B3a
Le panneau de fin désigné par l’article 68-3 : le B34a marque la fin d’une interdiction signalée par un B3a. Une prescription ciblée se referme par la fin de même portée.
B34 — Fin d’interdiction de dépasser
À ne pas confondre : le B34 referme un B3, pas un B3a. Refermer l’un par l’autre produit une séquence que l’usager ne peut pas interpréter.
B31 — Fin de toutes les interdictions précédemment signalées
Referme d’un seul panneau l’ensemble des prescriptions ouvertes — mais il ne doit pas être placé sur une route dont la limitation de vitesse diffère de la réglementation générale.
M4f — Panonceau de catégorie avec tonnage
C’est par lui que la valeur du seuil s’ajuste : l’inscription d’un chiffre de tonnage signifie que l’interdiction ne s’applique que si le PTAC ou le PTRA du véhicule ou de l’ensemble couplé dépasse ce chiffre.
M2 — Panonceau d’étendue
Annonce la longueur concernée — information de confort autant que de droit pour un conducteur qui va rester en file — et dispense de signaler la fin de prescription.
B14 — Limitation de vitesse
Les deux se combinent sur les sections difficiles et partagent la règle de répétition de l’article 8, c). Leurs fins ne se confondent pas et se signalent séparément.
Quand prend fin une interdiction de dépasser pour le transport de marchandises ?
Une prescription ciblée demande une fin de même portée, et l’instruction la nomme : le B34a. Comme pour le B3, une intersection ne met pas fin à l’interdiction — elle appelle un rappel.
Un panneau B34a
Le B34a marque la fin d’une interdiction signalée par le panneau B3a. C’est le panneau de fin de même portée, et le cas nominal : hors les hypothèses énumérées par l’article 68, la fin de prescription doit être portée à la connaissance de l’usager par un panneau de fin de prescription.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 68 et 68-3.
Les échangeurs et intersections situés sur la section
Une intersection ne met pas fin à la prescription : les panneaux de prescription doivent être répétés après chaque intersection autre que celles avec des voies privées non ouvertes à la circulation publique ou des chemins de terre. Le flux entrant par un échangeur n’a, lui, jamais vu le panneau initial — la reprise a donc une raison réglementaire et une raison pratique.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 49.
Un panonceau d’étendue M2
Lorsque le panonceau d’étendue a indiqué la longueur sur laquelle régnait la prescription, l’instruction dispense de mettre en place une signalisation de fin. Sur une rampe, c’est aussi une information de confort : le conducteur sait combien de temps il restera en file.
Source — IISR, 4e partie, article 68 ; 8e partie, article 126, F.
Un panneau B31, fin de toutes les interdictions précédemment signalées
Le B31 met fin aux prescriptions signalées en amont, dont celle qui visait le fret lourd. Il n’implique pas la disparition des prescriptions résultant d’un texte général, et il ne doit pas être placé sur une route dont la limitation de vitesse diffère de la réglementation générale.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 68-1.
La fin d’une mesure temporaire
Le retour aux conditions normales est assuré en général par une fin de toutes prescriptions (B31), et peut l’être aussi par une fin de prescription spécifique. S’il existait sur l’itinéraire une prescription autre que celle résultant de la réglementation générale, elle devra être rétablie au moyen des panneaux correspondants.
Source — IISR, 8e partie — Signalisation temporaire, article 126, F ; article 133, E.
B3a en signalisation temporaire
Sur un chantier de voie rapide, le B3a fait partie des prescriptions posées avec le rétrécissement des voies — l’instruction retient d’ailleurs l’interdiction de dépasser principalement dans les cas de réduction du nombre de voies ou de la largeur circulable. Quatre points structurent le dispositif provisoire. La position d’abord : le panneau doit être vu avant la zone de biseau, c’est-à-dire avant que le conducteur ne se soit engagé sur la voie qu’on va lui retirer, et il est nécessairement précédé d’au moins un panneau de danger. La lisibilité ensuite : sur autoroute et route à chaussées séparées comportant au moins deux voies par sens, les panneaux de prescription placés à droite peuvent être répétés de l’autre côté de la chaussée ou au-dessus des voies lorsqu’ils risquent de ne pas être aperçus à temps — et l’instruction précise que cette mesure doit notamment être envisagée pour les interdictions de dépasser prises dans le cadre d’un chantier de longue durée. L’information des flux entrants ensuite : l’usager se présentant par une route transversale doit être informé de toutes les prescriptions imposées sur la route qu’il aborde. La fin enfin : le retour aux conditions normales se signale par un B31 ou par une fin spécifique, l’emploi d’un panonceau d’étendue dispensant de signaler la fin. Sur les chantiers longs, la reprise à chaque phase est ce qui distingue un dispositif tenu d’un dispositif hérité de la phase précédente — et les phases se succèdent souvent plus vite que les tournées de contrôle.
Les 5 erreurs les plus fréquentes
- 01Croire que le panneau vise tous les véhicules de plus de 3,5 tonnesC’est le contresens le plus répandu, et il se lit jusque dans le nom qu’on donne au panneau. L’article 52 vise les véhicules de transport de marchandises dont le PTAC ou le PTRA dépasse 3,5 tonnes. Un autocar, un car de tourisme, un camping-car lourd ne transportent pas de marchandises : le B3a ne leur prescrit rien. Si ce sont eux qui posent problème, il faut un autre panneau.
- 02Le seuil compris comme un poids du jourUn ensemble routier qui roule à vide se croit hors du champ du panneau. Le seuil renvoie au poids total autorisé en charge ou au poids total roulant autorisé — des caractéristiques du véhicule ou de l’ensemble couplé, pas la charge transportée le jour du contrôle. Sur un chantier, cette confusion se règle en amont, dans les consignes données aux conducteurs.
- 03Refermée par le mauvais panneau de finLa prescription ciblée est ouverte par un B3a et refermée par un B34, ou l’inverse. L’instruction distingue pourtant les deux : le B34 marque la fin d’une interdiction générale annoncée par un B3, le B34a celle d’une interdiction signalée par un B3a. La séquence devient sinon illisible.
- 04Le disque masqué par la file de camionsPosé sur l’accotement à hauteur habituelle, le panneau est caché par les véhicules mêmes qu’il vise dès que la voie de droite se remplit. Sur route à chaussées séparées d’au moins deux voies par sens, l’instruction impose la répétition de l’autre côté ou sur portique : c’est la réponse réglementaire à un problème que beaucoup traitent encore au cas par cas.
- 05Pas de reprise après les échangeursLa prescription est posée en début de section, puis trois échangeurs déversent du trafic lourd qui n’a rien vu. La répétition après chaque intersection n’est pas une bonne pratique optionnelle : l’article 49 l’impose, hors voies privées non ouvertes à la circulation publique et chemins de terre.
B3a ou B3 assorti d’un panonceau de catégorie ?
| B3a | B3 | |
|---|---|---|
| Ce que lit le conducteur | Un pictogramme qui montre le camion : la catégorie se lit dans le disque | Un disque générique, puis un panonceau à déchiffrer sous le panneau |
| Champ d’application | Fixé par l’article 52 : transport de marchandises, PTAC ou PTRA supérieur à 3,5 t | Fixé par le panonceau : catégorie, tonnage, longueur, matières transportées |
| Ajuster la valeur du seuil | Par un panonceau M4f portant un autre chiffre de tonnage | Par le panonceau lui-même |
| Distance de lecture | Bonne — l’information est dans le symbole principal | Moindre — le panonceau se lit plus près que le disque |
| Panneau de fin correspondant | B34a, désigné par l’article 68-3 | B34, qui referme une interdiction annoncée par un B3 |
| Terrain type | Voie rapide, rampe, grand linéaire | Cas particuliers : matières dangereuses (M4m), caravanes (M4x), longueur (M4q) |
Quand la restriction porte sur le transport de marchandises au-delà de 3,5 tonnes, le B3a est le choix le plus lisible : le camion est dans le disque, il se voit de loin, et le panneau de fin correspondant existe. Le panonceau garde son intérêt là où la catégorie visée n’est pas celle du panneau — véhicules transportant des matières dangereuses, ensembles tractant une caravane, véhicules dépassant une certaine longueur — et le M4f permet d’ajuster la valeur du seuil quand 3,5 tonnes n’est pas le bon repère. Dans tous les cas, la règle qui ne bouge pas est celle de la symétrie : ce qui a été ouvert avec une portée donnée se referme avec la même portée.
Questions fréquentes
Les autocars sont-ils concernés par le B3a ?
Non. L’article 52 vise les véhicules de transport de marchandises dont le poids total autorisé en charge ou le poids total roulant autorisé est supérieur à 3,5 tonnes. Un autocar transporte des personnes, pas des marchandises : il n’entre pas dans le champ du panneau, quel que soit son poids. Lorsqu’un gestionnaire souhaite viser les véhicules de transport en commun de personnes, c’est un autre outil qu’il faut — un panonceau de catégorie désignant cette catégorie.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 52.
Le seuil de 3,5 t correspond-il au poids réel du véhicule ?
Non : le texte retient le poids total autorisé en charge ou le poids total roulant autorisé, c’est-à-dire des caractéristiques du véhicule ou de l’ensemble de véhicules couplés, et non le chargement du moment. Un ensemble routier qui roule à vide reste dans le champ du panneau. Les définitions elles-mêmes relèvent du code de la route.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 52.
Quel panneau met fin à une interdiction B3a ?
Le B34a : l’instruction énonce que ce panneau marque la fin d’une interdiction signalée par le panneau B3a, là où le B34 marque la fin d’une interdiction générale annoncée par un B3. Un B31, fin de toutes les interdictions précédemment signalées, produit le même effet sur l’ensemble des prescriptions ouvertes en amont — sauf sur une route dont la limitation de vitesse diffère de la réglementation générale, où il est proscrit.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 68-1 et 68-3.
Peut-on interdire le dépassement à partir d’un autre tonnage que 3,5 t ?
Oui, par un panonceau de catégorie M4f portant le chiffre voulu : l’inscription d’un chiffre de tonnage sur un M4f signifie que l’interdiction ne s’applique que si le poids total autorisé en charge ou le poids total roulant autorisé du véhicule ou de l’ensemble de véhicules couplés dépasse ce chiffre. L’annexe 1 de la 4e partie donne précisément cet exemple pour les panneaux B3.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 52 et 57 (annexe 1).
Faut-il répéter le B3a de l’autre côté de la chaussée ?
Sur autoroute et sur route à chaussées séparées par un terre-plein central comportant au moins deux voies par sens, oui : les panneaux de signalisation permanente indiquant une interdiction de dépasser placés à la droite de la route sont répétés de l’autre côté de la chaussée ou sur un portique au-dessus des voies. En signalisation temporaire, la répétition doit notamment être envisagée pour un chantier de longue durée.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 8, c) ; 8e partie, article 126.
Quel diamètre pour un panneau B3a ?
Le B3a étant circulaire, la dimension s’exprime en diamètre : 450 mm en miniature, 650 en petite, 850 en normale, 1 050 en grande, 1 250 en très grande. Sur voie rapide et autoroute, les grandes gammes se justifient par la distance de lecture, d’autant que le panneau doit rester lisible au-dessus du flux de poids lourds.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 5-3 et tableau des dimensions des panneaux, colonne « Disque (diamètre) ».
À quelle hauteur poser un B3a sur voie rapide ?
En rase campagne, le bord inférieur du panneau est placé en principe à 1,00 m au-dessus du niveau de l’accotement. En agglomération bénéficiant d’un éclairage public, les panneaux peuvent être placés jusqu’à 2,30 m, notamment afin de limiter la gêne pour les piétons. « En principe » n’est pas une précaution de style : l’article prévoit des adaptations selon les circonstances locales, et le masquage par une file de poids lourds en fait partie des cas à examiner avec le gestionnaire.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 9, A-a et A-b.
Un B3a suffit-il si les voitures dépassent mal elles aussi ?
Non : il ne prescrit rien aux véhicules qui ne sont pas affectés au transport de marchandises. Si la géométrie de la section rend tout dépassement dangereux, c’est une interdiction générale qu’il faut, et donc un B3. Le test se pose avant la pose : en retirant le fret lourd du tableau, reste-t-il un problème ?
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 52.
Pour aller plus loin
Fiche relue le 8 septembre 2026. La réglementation évolue : en cas de doute, le texte officiel fait foi.