Panneau B3 : réglementation, dimensions et implantation
Panneau B3 : signification, portée, fin d’interdiction, cohérence avec le marquage axial, dimensions, hauteur et implantation.
Interdit de dépasser les véhicules à moteur autres que les deux-roues sans side-car, à partir du panneau.
B3 en bref
- Interdiction de dépasser — deux voitures côte à côte, celle de gauche en rouge
- Vise les véhicules à moteur autres que les deux-roues sans side-car
- Au début de la section, et répété après chaque intersection
- Employé en cas de réduction du nombre de voies ou de la largeur circulable
- IISR, 4e partie, art. 52 · art. 49 (répétition) · art. 68-3 (B34)
Fiche technique du B3
- Code
- B3
- Famille
- Prescription — interdiction
- Fonction
- Interdiction de dépasser les véhicules à moteur autres que les deux-roues sans side-car
- Forme
- Circulaire
- Fond
- Blanc
- Bordure
- Rouge, avec deux véhicules dont celui de gauche en rouge
- Dimensions
- 450 à 1250 mm de diamètre selon la gamme
- Implantation
- Au voisinage immédiat du début de l’interdiction, répété après chaque intersection
- Usage
- Permanent ou temporaire
- Signalisation temporaire
- Oui, en réduction de voies ou de largeur circulable
- Panonceaux associés
- M1 (distance), M2 (étendue), M4f (tonnage), M4x (caravanes), M4m, M4q, M9z (horaires)
- Fin de prescription
- B34, ou B31 ; le panonceau d’étendue en dispense
- Texte de référence
- Arrêté du 24 novembre 1967 + IISR, 4e partie, art. 52
Qu’est-ce que le panneau B3 ?
Le B3 montre deux véhicules côte à côte, celui de gauche en rouge — la voiture qui déborde — sur un disque blanc à listel rouge. L’article 52 de la 4e partie en donne la définition complète : pour signaler qu’en supplément des prescriptions générales imposées pour les dépassements par le code de la route, il est interdit de dépasser tous les véhicules à moteur autres que les véhicules à deux roues sans side-car, on utilise le panneau B3. Deux mots comptent dans cette phrase. « En supplément » : le panneau ajoute une prescription locale à des règles générales qui, elles, continuent de s’appliquer partout. Et « autres que les véhicules à deux roues sans side-car » : la prescription ne couvre pas indistinctement tout ce qui roule. C’est une prescription de section, et non de point : elle court sur la longueur que le gestionnaire a voulu couvrir, et sa fin doit être portée à la connaissance de l’usager.
Que signifie le panneau B3 ?
Le panneau interdit de dépasser les véhicules à moteur autres que les deux-roues sans side-car. La formule règle deux questions que les conducteurs posent constamment. La première concerne les deux-roues : une motocyclette sans side-car et, a fortiori, un cycle — qui n’est pas un véhicule à moteur — ne sont pas dans le champ de l’interdiction portée par le disque ; leur dépassement reste soumis aux règles générales du code de la route, notamment aux conditions de visibilité et à l’écart latéral. La seconde concerne les véhicules lents : le B3 ne module pas l’interdiction selon l’allure de celui qui précède, et rester derrière un engin agricole sur toute la section fait partie de ce que la prescription implique — c’est d’ailleurs souvent le motif des demandes de levée adressées aux gestionnaires. Enfin, le panneau ne dispense d’aucune règle générale : il s’ajoute à elles, il ne s’y substitue pas.
- Section à visibilité réduite — virages enchaînés, sommet de côte, entrée de vallon — où la ligne axiale seule ne suffit pas à dissuader.
- Route à chaussée étroite ou bordée d’accotements non stabilisés, où le déport de la manœuvre est impraticable.
- Traversée de hameau ou d’activité riveraine, avec sorties de champs et engins lents.
- Approche d’un carrefour, d’un passage à niveau ou d’un ouvrage où la manœuvre finirait au mauvais endroit.
- Chantier sur route bidirectionnelle : l’instruction retient l’interdiction de dépasser principalement dans les cas de réduction du nombre de voies ou de la largeur circulable.
- Section accidentogène identifiée par le gestionnaire, en complément d’un abaissement de vitesse.
Réglementation du panneau B3
Ce que disent les textes
RéglementaireL’article 52 de la 4e partie définit le B3 : pour signaler qu’en supplément des prescriptions générales imposées pour les dépassements par le code de la route, il est interdit de dépasser tous les véhicules à moteur autres que les véhicules à deux roues sans side-car, on utilise le panneau B3. Le même article prévoit que ce panneau puisse être complété par un panonceau précisant l’interdiction, et l’annexe 1 en donne les exemples : distance M1, étendue M2, tonnage M4f, caravanes M4x, matières dangereuses M4m, longueur M4q, plages horaires M9z. L’implantation relève de l’article 49 : le panneau est placé au voisinage immédiat de l’endroit où la prescription commence à s’imposer, et il doit être répété après chaque intersection autre que celles avec des voies privées non ouvertes à la circulation publique ou des chemins de terre. La fin relève de l’article 68 : hors les cas qu’il énumère — panonceau d’étendue, limite d’agglomération pour une prescription d’arrêté local, substitution d’une autre prescription, sortie de péage ou de bretelle d’insertion — la fin de prescription doit être portée à la connaissance de l’usager par la pose d’un panneau de fin de prescription. L’article 68-3 nomme ce panneau : le B34 marque la fin d’une interdiction générale annoncée par un B3.
Ce que fait la pratique
Pratique d’implantationSur le terrain, la question qui se discute n’est pas l’existence du couple B3 / B34 mais le linéaire à couvrir : trop court, la prescription paraît arbitraire ; trop long, elle est enfreinte dès la première ligne droite. Les gestionnaires apprécient ce linéaire au regard de la visibilité réelle, des accès riverains et des allures pratiquées, et non de la seule longueur de la section réglementée.
Ce que nous recommandons
Recommandation SignaltekNous conseillons de regarder le marquage axial sur toute la longueur de la section, et de le lire pour ce qu’il est. La ligne continue et le panneau ne répondent pas au même critère : la ligne s’impose là où la visibilité devient insuffisante et se limite à la longueur indispensable, tandis que le B3 traduit une décision de police prise pour d’autres motifs — riverains, largeur, accidentologie. Une discontinue sous un B3 n’est donc pas nécessairement une contradiction juridique, mais c’est toujours un problème de lisibilité, et l’instruction met explicitement en garde contre l’abus des lignes continues, qui déprécie leur valeur réglementaire. Nous conseillons enfin de vérifier, avant d’employer un B31 pour refermer, qu’aucune limitation de vitesse locale ne subsiste sur la section : le B31 y mettrait fin.
Ce qui se joue juridiquement
PortéeUne interdiction de dépasser instituée localement procède d’une décision de l’autorité compétente, que la signalisation porte à la connaissance des usagers. En signalisation temporaire, l’article 135 de la 8e partie prévoit que la pose de signaux de prescription soit, sauf force majeure, préalablement autorisée par un arrêté de l’autorité investie du pouvoir de police sur la route concernée. Les conséquences d’une signalisation incomplète — prescription non refermée, rappel manquant après une intersection, panneau masqué — s’apprécient au regard de la nature de la voie, de l’autorité compétente et des circonstances. Cette fiche ne tranche donc rien : pour un projet précis, la réponse se trouve dans les textes applicables et auprès du gestionnaire de la voie.
Sources réglementaires
Arrêté du 24 novembre 1967
Signalisation des routes et des autoroutes — définit les panneaux et leurs caractéristiques.
Voir le texte officiel →IISR — 1re partie, Généralités
Implantation (art. 8), hauteur (art. 9) et tableau des dimensions des panneaux.
Voir le texte officiel →IISR — 4e partie, Signalisation de prescription
Art. 49 (implantation et répétition après chaque intersection), art. 52 (définition du B3 et panonceaux, annexe 1), art. 68, 68-1 et 68-3 (fin de prescription, B31, B34).
Voir le texte officiel →IISR — 1re partie, Généralités
Art. 8, c) : sur autoroute et route à chaussées séparées d’au moins deux voies par sens, les panneaux d’interdiction de dépasser placés à droite sont répétés de l’autre côté ou sur portique.
Voir le texte officiel →IISR — 8e partie, Signalisation temporaire
Art. 124 et 126 (interdiction de dépasser temporaire, répétition sur chantier de longue durée, retour aux conditions normales), art. 135 (arrêté préalable).
Voir le texte officiel →IISR — 7e partie, Marques sur chaussée
Art. 113, B (principe de valorisation : l’abus des lignes continues déprécie leur valeur réglementaire), art. 115-3 (annonce d’une ligne continue).
Voir le texte officiel →Code de la route — dispositions relatives au dépassement
Règles générales de dépassement auxquelles l’article 52 renvoie expressément, qui s’appliquent en dehors de toute prescription locale.
Voir le texte officiel →
Références établies sur les versions consolidées de l’IISR diffusées par le Cerema, qui sont des documents de travail : juridiquement, les textes publiés au Journal officiel font foi.
Dimensions du panneau B3
La gamme se choisit selon la voie et la vitesse, jamais selon le panneau.
| Gamme | Diamètre du disque | Emploi |
|---|---|---|
| Miniature | 450 mm | Utilisée notamment sur voies privées ouvertes à la circulation, parcs de stationnement, aires de service. |
| Petite | 650 mm | Utilisée notamment en voirie urbaine contrainte, où la gamme normale gênerait le passage. |
| Normale | 850 mm | La gamme employée en règle générale. |
| Grande | 1050 mm | Utilisée notamment sur certaines routes à chaussées séparées et voies rapides. |
| Très grande | 1250 mm | Utilisée notamment sur autoroutes et certaines sections à vitesse élevée. |
Source — IISR, 1re partie — Généralités, tableau des dimensions des panneaux, colonne « Disque (diamètre) ». La gamme normale s’emploie en règle générale ; le choix d’une autre gamme relève des règles de l’IISR et du type de voie, et non du seul code du panneau. Les emplois cités ci-dessus sont des exemples, pas une règle d’affectation.
Implantation du panneau B3
- Hauteur
- En rase campagne, le bord inférieur du panneau est placé en principe à 1,00 m au-dessus du niveau de l’accotement. En agglomération bénéficiant d’un éclairage public, les panneaux peuvent être placés jusqu’à 2,30 m, notamment afin de limiter la gêne pour les piétons. « En principe » n’est pas une précaution de style : l’article prévoit des adaptations selon les circonstances locales.
- Distance latérale
- La distance entre l’aplomb de l’extrémité du panneau située côté chaussée et la rive voisine ne doit pas être inférieure à 0,70 m. Elle peut être réduite lorsque les contraintes physiques ou géométriques le nécessitent, notamment en agglomération ou en montagne. À ne pas confondre avec la position du support : en rase campagne, l’article 8 prévoit aussi que le panneau soit hors de la zone de récupération, ou son support à 2 m au moins du bord voisin de la chaussée, sauf circonstances particulières.
- Distance d’annonce
- Le B3 est un panneau de prescription ordinaire : il est placé au voisinage immédiat de l’endroit où la prescription commence à s’imposer, sans distance d’annonce réglementaire. L’instruction prévoit toutefois qu’il puisse être complété par un panonceau de distance M1, ce qui permet d’annoncer la prescription en amont là où la configuration l’exige.
- Orientation
- La face avant du panneau doit être sensiblement perpendiculaire à la direction suivie par l’usager. Sur accotement, le plan du panneau est vertical et légèrement tourné vers l’extérieur de la route, de façon que l’angle avec l’axe de vision reste différent de 90° : c’est ce qui évite la réflexion spéculaire, laquelle peut rendre le panneau totalement illisible pendant quelques secondes de nuit.
- Visibilité
- Le panneau doit être lu avant que le conducteur n’engage sa manœuvre, c’est-à-dire avant le point où la route redevient dégagée. En rase campagne, la végétation d’accotement est son adversaire principal : une haie qui pousse d’un mètre en trois saisons suffit à faire disparaître un panneau posé bas — alors que l’instruction demande que les panneaux gardent le même aspect de nuit comme de jour et soient visibles par ceux à qui ils sont destinés.
- En agglomération
- Emploi peu fréquent : en agglomération, la vitesse et le marquage règlent l’essentiel, et le dépassement se pose surtout en termes de cohabitation avec les cycles — que le B3 ne vise pas, puisqu’il porte sur les véhicules à moteur. Le panneau s’y rencontre sur les axes de traversée à caractère routier.
- Hors agglomération
- C’est son terrain. Sur route bidirectionnelle, il encadre les sections à visibilité réduite et les traversées à riverains, et il doit être répété après chaque intersection. Sur autoroute et sur route à chaussées séparées par un terre-plein central comportant au moins deux voies par sens, l’instruction va plus loin : les panneaux de signalisation permanente indiquant une interdiction de dépasser placés à la droite de la route sont répétés de l’autre côté de la chaussée ou sur un portique au-dessus des voies.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 9 « Hauteur des panneaux au-dessus du sol », A-a et A-b.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 8 « Implantation des signaux », i).
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 49 et 52 (annexe 1).
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 8, a).
Source — IISR, 1re partie — Généralités, articles 8 et 13.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 52.
Source — IISR, 4e partie, article 49 ; 1re partie, article 8, c).
Quand utiliser un B3 ?
Quand le dépassement doit cesser sur une longueur identifiée, et que le marquage seul ne suffit pas à le faire comprendre. Trois questions se posent avant la pose, et elles se posent dans cet ordre. Où la section commence-t-elle réellement — c’est-à-dire à partir d’où la manœuvre devient problématique ? Où se termine-t-elle, sachant que la fin devra être portée à la connaissance de l’usager par un panneau de fin, sauf si un panonceau d’étendue a déjà annoncé la longueur ? Et quelles intersections la section traverse-t-elle, puisque chacune appelle un rappel du panneau ? Une interdiction ouverte et jamais refermée est le défaut le plus reproché à ce panneau : elle transforme une mesure locale en contrainte de plusieurs kilomètres, que les usagers cessent de respecter et que le gestionnaire n’a pas voulue. Lorsque seul le fret lourd pose problème, c’est le B3a qui répond, et non une interdiction générale.
Panneaux associés
B3a — Interdiction de dépasser pour les véhicules de transport de marchandises de plus de 3,5 t
La version ciblée du même article 52 : mêmes conditions, mais limitée aux véhicules affectés au transport de marchandises au-dessus du seuil.
B34 — Fin d’interdiction de dépasser
L’article 68-3 le désigne expressément : le B34 marque la fin d’une interdiction générale annoncée par un panneau B3. C’est le panneau qui manque le plus souvent sur le terrain.
B31 — Fin de toutes les interdictions précédemment signalées
Referme d’un seul panneau plusieurs prescriptions ouvertes sur la même section — mais il ne doit pas être placé sur une route dont la limitation de vitesse diffère de la réglementation générale, car il y mettrait fin.
B14 — Limitation de vitesse
Les deux se posent souvent ensemble sur une section jugée dangereuse. Leurs fins ne se confondent pas, et c’est précisément la coexistence d’un B14 local qui interdit de refermer le B3 par un B31.
M2 — Panonceau d’étendue
Annonce la longueur de la section couverte. Lorsqu’il l’a fait, l’instruction dispense de mettre en place une signalisation de fin de prescription.
M4f — Panonceau de catégorie avec tonnage
Figure parmi les exemples de l’annexe 1 pour les panneaux B3 : un chiffre de tonnage limite l’interdiction aux véhicules ou ensembles dont le PTAC ou le PTRA dépasse ce chiffre.
AK5 — Travaux
Sur chantier, les panneaux de prescription sont nécessairement précédés d’au moins un panneau de danger : on prévient d’abord, on interdit ensuite.
Quand prend fin une interdiction de dépasser ?
C’est le point faible des interdictions de dépasser posées sur le terrain : elles s’ouvrent volontiers et se referment rarement. L’instruction, elle, est directive — hors quelques cas énumérés, la fin de prescription doit être portée à la connaissance de l’usager par un panneau de fin. Un point mérite d’être écarté d’emblée : une intersection ne met pas fin à un B3.
Un panneau de fin d’interdiction de dépasser (B34)
Le B34 marque la fin d’une interdiction générale annoncée par un panneau B3. C’est le cas nominal : hors les hypothèses que l’article 68 énumère, la fin de prescription doit être portée à la connaissance de l’usager par la pose d’un panneau de fin de prescription.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 68 et 68-3.
Un panonceau d’étendue M2
Lorsque le panonceau d’étendue a indiqué la longueur sur laquelle régnait la prescription, l’instruction dispense de mettre en place une signalisation de fin. En signalisation temporaire, la 8e partie le formule dans les mêmes termes : l’emploi de panonceaux d’étendue associés aux panneaux de prescription dispense de signaler les fins de prescriptions.
Source — IISR, 4e partie, article 68 ; 8e partie, article 126, F.
Les intersections situées sur la section
Une intersection ne met pas fin à l’interdiction : les panneaux de prescription doivent être répétés après chaque intersection, autre que celles avec des voies privées non ouvertes à la circulation publique ou des chemins de terre. Rappeler n’est pas recommencer — la prescription n’a pas pris fin, elle est réaffirmée. Un rappel manquant est un défaut de signalisation, pas une fin d’interdiction.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 49.
Un panneau B31, fin de toutes les interdictions précédemment signalées
Le B31 met fin aux prescriptions signalées en amont, ce qui inclut l’interdiction de dépasser. Deux réserves : il n’implique pas la disparition des prescriptions résultant d’un texte général, et il ne doit pas être placé sur une route dont la limitation de vitesse diffère de la réglementation générale, car il y mettrait fin également.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 68-1.
La fin d’un chantier, pour un B3 temporaire
Le retour aux conditions normales est assuré en général par une fin de toutes prescriptions (B31), et peut l’être aussi par une fin de prescription spécifique telle qu’un B34. S’il existait sur l’itinéraire une prescription autre que celle résultant de la réglementation générale, elle devra être rétablie au moyen des panneaux correspondants.
Source — IISR, 8e partie — Signalisation temporaire, article 126, F ; article 133, E.
B3 en signalisation temporaire
L’instruction range l’interdiction de dépasser parmi les prescriptions les plus courantes de la signalisation temporaire, aux côtés des limitations de vitesse, et précise le cas d’emploi : elle est appliquée principalement dans les cas de réduction du nombre de voies ou de la largeur circulable. Trois points structurent le dispositif. La séquence, d’abord : les panneaux de prescription sont nécessairement précédés d’au moins un panneau de danger, et l’annonce de travaux vient avant les prescriptions. La lisibilité, ensuite : sur autoroute et route à chaussées séparées comportant au moins deux voies par sens, les panneaux de prescription placés à droite peuvent être répétés de l’autre côté de la chaussée ou au-dessus des voies lorsqu’ils risquent de ne pas être aperçus à temps, et l’instruction précise que cette mesure doit notamment être envisagée pour les interdictions de dépasser prises dans le cadre d’un chantier de longue durée. La sortie, enfin : le retour aux conditions normales est assuré en général par un B31, ou par une fin spécifique comme le B34, l’emploi d’un panonceau d’étendue dispensant de signaler la fin. Un B3 laissé en place après le repli du chantier ne gêne personne visiblement — c’est bien le problème : il reste des mois, et il apprend aux usagers que les panneaux de ce secteur ne veulent rien dire.
Les 5 erreurs les plus fréquentes
- 01Une interdiction jamais referméeLe B3 est posé au début de la section dangereuse, et rien ne vient la conclure. Or, hors les cas énumérés par l’article 68 — panonceau d’étendue, limite d’agglomération, substitution d’une autre prescription, sortie de péage ou de bretelle d’insertion — la fin de prescription doit être portée à la connaissance de l’usager par un panneau de fin. C’est la première chose à vérifier sur un patrimoine existant.
- 02Aucun rappel après les intersectionsLe panneau est posé une fois, en tête de section, et trois carrefours plus loin plus rien ne le rappelle. L’instruction impose la répétition après chaque intersection autre que celles avec des voies privées non ouvertes à la circulation publique ou des chemins de terre. Un usager entré par une de ces branches n’a jamais vu la prescription qu’on lui oppose.
- 03Refermé par un B31 alors qu’une vitesse locale subsisteOn veut refermer d’un coup la vitesse et le dépassement, et l’on plante un B31. Sur une route dont la limitation de vitesse diffère de la réglementation générale, l’instruction l’interdit expressément : le B31 mettrait fin à cette limitation, que personne n’entendait lever. Le B34 referme le dépassement sans toucher au reste.
- 04Lire la ligne axiale comme une contradiction automatiqueLe panneau interdit, le marquage propose une discontinue franchissable, et l’on conclut à l’erreur. Les deux ne répondent pourtant pas au même critère : la ligne continue s’impose là où la visibilité devient insuffisante et ne doit recevoir que la longueur indispensable, le B3 traduit une décision de police prise pour d’autres motifs. Le vrai problème est de lisibilité — et l’instruction met en garde contre l’abus des lignes continues, qui déprécie leur valeur réglementaire.
- 05Interdire à tous ce qui ne concernait que le fret lourdLes files derrière un camion en côte sont le motif réel, et l’on pose une interdiction générale. Les véhicules légers, qui pouvaient dépasser sans difficulté, restent bloqués, et la prescription est enfreinte dès la première occasion. Le B3a existe précisément pour ce cas : il ne vise que les véhicules affectés au transport de marchandises au-dessus du seuil.
B3 ou B3a : interdire à tous, ou au seul transport de marchandises ?
| B3 | B3a | |
|---|---|---|
| Qui est concerné | Tous les conducteurs de véhicules à moteur | Les seuls véhicules affectés au transport de marchandises de plus de 3,5 t de PTAC ou PTRA |
| Ce qu’il est interdit de dépasser | Les véhicules à moteur autres que les deux-roues sans side-car | Les mêmes, dans les mêmes conditions |
| Motif habituel | Visibilité réduite, chaussée étroite, riverains | Différence de vitesse en côte, gabarit, temps de déboîtement du fret |
| Effet sur le trafic léger | Files derrière les véhicules lents | Le trafic léger continue de s’écouler normalement |
| Panneau de fin | B34 (art. 68-3) | B34a (art. 68-3) |
| Risque si l’on se trompe | Prescription trop large, enfreinte dès la première ligne droite | Problème non traité si ce sont les véhicules légers ou les autocars qui dépassent mal |
On pose un B3 quand c’est la manœuvre elle-même qui n’a pas sa place sur la section : pas de visibilité, pas de largeur, trop d’accès riverains. On pose un B3a quand le problème est le dépassement par le fret lourd — deux camions côte à côte pendant deux kilomètres dans une rampe, la file qui s’allonge derrière, le déport sur la voie de gauche à faible différentiel de vitesse. Attention au raccourci : le B3a ne vise pas tous les véhicules de plus de 3,5 tonnes, mais ceux qui sont affectés au transport de marchandises. Un autocar ou un camping-car lourd ne sont pas dans son champ, et si le problème vient d’eux, c’est un B3 ou un panonceau de catégorie approprié qu’il faut.
Questions fréquentes
Peut-on dépasser un vélo ou un deux-roues sous un panneau B3 ?
Le B3 signale l’interdiction de dépasser tous les véhicules à moteur autres que les véhicules à deux roues sans side-car. Une motocyclette sans side-car n’est donc pas dans le champ de l’interdiction, et un cycle, qui n’est pas un véhicule à moteur, ne l’est pas davantage. Le dépassement de ces usagers reste soumis aux règles générales du code de la route, auxquelles l’article 52 renvoie expressément — visibilité, écart latéral, absence de danger.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 52.
Faut-il répéter le B3 après une intersection ?
Oui. Les panneaux de prescription sont placés au voisinage immédiat de l’endroit où la prescription commence à s’imposer et doivent être répétés après chaque intersection, autre que celles avec des voies privées non ouvertes à la circulation publique ou des chemins de terre. Rappeler n’est pas recommencer : la prescription n’a pas pris fin, elle est réaffirmée pour ceux qui viennent d’entrer sur la section.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 49.
Où prend fin une interdiction de dépasser ?
Au panneau B34, qui marque la fin d’une interdiction générale annoncée par un B3, ou au panneau B31, qui referme l’ensemble des prescriptions signalées en amont. Hors les cas énumérés par l’instruction — panonceau d’étendue ayant annoncé la longueur, limite d’agglomération pour une prescription d’arrêté local, substitution d’une autre prescription, sortie de poste de péage ou de bretelle d’insertion — la fin de prescription doit être portée à la connaissance de l’usager par un panneau de fin.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 68, 68-1 et 68-3.
Peut-on refermer un B3 par un panneau B31 ?
Oui en principe, mais pas partout : le B31 ne doit pas être placé sur les routes qui font l’objet d’une limitation de vitesse différente de celles découlant de la réglementation générale, car il impliquerait la fin de cette limitation. Sur une section où un B14 local coexiste avec le B3 — configuration très fréquente — c’est le B34 qu’il faut employer.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 68-1.
Le B3 s’applique-t-il aussi aux tracteurs et engins lents ?
Le panneau ne module pas l’interdiction selon l’allure de celui qui précède : dès lors qu’il s’agit d’un véhicule à moteur autre qu’un deux-roues sans side-car, le dépassement est interdit, et rester derrière un véhicule lent fait partie de ce que la prescription implique. C’est le motif le plus fréquent des demandes adressées aux gestionnaires pour réduire la longueur des sections concernées.
Source — IISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 52.
Que faire si la ligne axiale est discontinue sous un B3 ?
Le signaler au gestionnaire, sans en conclure automatiquement à une erreur. Le marquage et le panneau ne répondent pas au même critère : la ligne continue s’impose là où la visibilité devient insuffisante et ne doit pas recevoir plus que la longueur indispensable, tandis que le B3 traduit une décision de police. La coexistence est possible, mais elle nuit à la lisibilité — et l’instruction rappelle que tout abus dans l’emploi des lignes continues déprécie leur valeur réglementaire.
Source — IISR, 7e partie — Marques sur chaussée, article 113, B.
Quel diamètre pour un panneau B3 ?
Le B3 étant circulaire, la dimension s’exprime en diamètre : 450 mm en miniature, 650 en petite, 850 en normale, 1 050 en grande, 1 250 en très grande. Sur route à vitesse élevée, la distance de lecture commande de monter en gamme — le panneau doit être lu avant que la manœuvre ne soit engagée.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 5-3 et tableau des dimensions des panneaux, colonne « Disque (diamètre) ».
À quelle hauteur poser un panneau B3 ?
En rase campagne, le bord inférieur du panneau est placé en principe à 1,00 m au-dessus du niveau de l’accotement. En agglomération bénéficiant d’un éclairage public, les panneaux peuvent être placés jusqu’à 2,30 m, notamment afin de limiter la gêne pour les piétons.
Source — IISR, 1re partie — Généralités, article 9, A-a et A-b.
Pour aller plus loin
Fiche relue le 8 septembre 2026. La réglementation évolue : en cas de doute, le texte officiel fait foi.