Panneau B0 : circulation interdite, disque à listel rouge sur fond blanc

Panneau B0 : réglementation, dimensions et implantation

Panneau B0 : signification, portée, exceptions « sauf riverains », dimensions, hauteur, implantation et emploi en fermeture de voie.

Interdit toute circulation de véhicules dans les deux sens sur la chaussée à laquelle il s’applique.

B0 en bref

  • Circulation interdite — disque blanc à listel rouge, sans pictogramme
  • Vise toute circulation de véhicules, dans les deux sens ; les piétons ne sont pas des véhicules
  • Se place au voisinage immédiat du début de l’interdiction et se répète après chaque intersection
  • Sur chantier, il figure au dispositif de route barrée, aux côtés du barrage K2 et du KC1
  • IISR, 4e partie, art. 50 et 49 · 8e partie, art. 128

Fiche technique du B0

Code
B0
Famille
Prescription — interdiction
Fonction
Toute circulation de véhicules interdite dans les deux sens
Forme
Circulaire
Fond
Blanc
Bordure
Rouge, listel large, sans pictogramme
Dimensions
450 à 1250 mm de diamètre selon la gamme
Implantation
Au voisinage immédiat du début de l’interdiction, répété après chaque intersection
Usage
Permanent ou temporaire
Signalisation temporaire
Oui, au dispositif de route barrée et de déviation
Panonceaux associés
M9z (mentions libres : « SAUF RIVERAINS »), M9v1 / M9v2 (sauf cycles), M2 (étendue)
Fin de prescription
B31, panonceau d’étendue, ou panneau de fin de prescription
Texte de référence
Arrêté du 24 novembre 1967 + IISR, 4e partie

Qu’est-ce que le panneau B0 ?

Le B0 est le disque vide de la signalisation française : un cercle blanc bordé d’un large listel rouge, sans aucun pictogramme à l’intérieur. Cette absence est son message — il n’interdit pas une manœuvre ni une catégorie, il interdit la circulation elle-même. L’instruction le dit en une phrase : le panneau B0 indique que, sur la chaussée à laquelle il s’applique, toute circulation de véhicules est interdite dans les deux sens. C’est un panneau de prescription : il n’avertit pas, il ordonne. Et comme il ne montre rien, tout ce qui échappe à l’interdiction doit être écrit noir sur blanc sur un panonceau : sans mention, l’interdiction se lit comme générale.

Que signifie le panneau B0 ?

Le B0 vise la circulation des véhicules. Un piéton n’est pas un véhicule : une rue fermée par un B0 reste une rue où l’on marche, et c’est la première chose que les riverains comprennent de travers — quand c’est le passage à pied qu’il faut écarter, l’instruction prévoit un autre panneau, le B9a. À l’inverse, un cycle est un véhicule : ouvrir la voie aux cyclistes suppose de le dire, par un panonceau M9v1 « INTERDIT SAUF » ou M9v2 « SAUF » portant le pictogramme du cycle. Les autres exceptions — riverains, livraisons, services — s’écrivent sur un panonceau d’indications diverses M9z, celui qui porte les mentions libres. Le B0 ne dit rien du stationnement, qui relève d’autres panneaux, ni de la vitesse. Il ferme, point. Ce qui se joue ensuite — qui peut malgré tout entrer, à quelles heures, jusqu’où — s’écrit intégralement sous le disque.

  • Rue ou place rendue à l’usage piéton, où seuls les riverains, les livraisons ou les services conservent un accès, porté par un panonceau d’exception.
  • Chemin rural, voie forestière ou piste de digue fermée à la circulation générale mais ouverte aux ayants droit — exploitants, pompiers, gestionnaire.
  • Voie fermée pendant des travaux, au dispositif de route barrée et de déviation.
  • Section rendue impraticable — ouvrage endommagé, éboulement, inondation — le temps de la remise en état.
  • Accès de service d’un équipement public : cour d’école, quai technique, aire de retournement qu’il faut soustraire au trafic de transit.
  • Coupure d’une route à chaussées séparées décidée en exploitation dynamique, le signal étant alors affiché sur panneau à messages variables.

Réglementation du panneau B0

Ce que disent les textes

Réglementaire

L’article 50 de la 4e partie de l’instruction interministérielle énonce que le panneau B0 indique que, sur la chaussée à laquelle il s’applique, toute circulation de véhicules est interdite dans les deux sens. Le même article prévoit son emploi dans le cadre des mesures dynamiques de coupure des routes à chaussées séparées. Son implantation relève de l’article 49 : les panneaux de prescription sont placés au voisinage immédiat de l’endroit où la prescription commence à s’imposer, et ils doivent être répétés après chaque intersection autre que celles avec des voies privées non ouvertes à la circulation publique ou des chemins de terre. Le même article précise qu’à l’entrée d’une agglomération, les prescriptions ne sont applicables que sur la route où le panneau est implanté, sauf prescription zonale ou panonceau M9z portant la mention « Dans toute l’agglomération ». L’interdiction elle-même procède d’une décision de police de la circulation prise par l’autorité compétente sur la voie ; le panneau la porte à la connaissance des usagers, il ne la crée pas.

Ce que fait la pratique

Pratique d’implantation

Sur le terrain, la difficulté du B0 n’est pas sa signification mais son silence. Un panneau dont l’exception reste implicite parce que « tout le monde sait » est un panneau que plus personne ne respecte : les ayants droit passent sous un disque qui les interdit, et les autres s’en autorisent. Il est également courant d’accompagner le disque d’un dispositif physique — borne, potelet, barrière — car un panneau ne retient pas un véhicule.

Ce que nous recommandons

Recommandation Signaltek

Nous conseillons de traiter le panonceau comme une pièce du dispositif, pas comme un complément à poser plus tard : sa rédaction se cale mot pour mot sur celle de l’acte qui institue l’interdiction, faute de quoi la signalisation et la décision ne désignent pas les mêmes bénéficiaires. Nous conseillons aussi de recenser tous les points par lesquels un véhicule peut entrer dans la section avant la pose, et pas seulement celui d’où le problème a été signalé : l’article 49 impose la répétition après chaque intersection, et c’est l’entrée qu’on n’avait pas listée qui reste ouverte.

Ce qui se joue juridiquement

Portée

Lorsqu’une interdiction de circuler est instituée par une décision de l’autorité compétente, la signalisation doit permettre de la porter à la connaissance des usagers, et la portée exacte de l’interdiction s’apprécie au regard de cette décision autant que du panneau. En signalisation temporaire, l’article 135 de la 8e partie prévoit que la pose de signaux de prescription soit, sauf force majeure, préalablement autorisée par un arrêté de l’autorité investie du pouvoir de police sur la route concernée, des arrêtés permanents pouvant être établis pour les chantiers courants et les interventions d’urgence. Les conséquences d’une signalisation incomplète, contradictoire avec l’acte, ou maintenue au-delà de la période couverte, dépendent notamment de la nature de la voie, de l’autorité compétente et des circonstances. Cette fiche ne tranche donc rien : pour un projet précis, la réponse se trouve dans les textes applicables et auprès du gestionnaire de la voie.

Sources réglementaires

  • Arrêté du 24 novembre 1967

    Signalisation des routes et des autoroutes — définit les panneaux et leurs caractéristiques.

    Voir le texte officiel →
  • IISR — 1re partie, Généralités

    Implantation (art. 8), hauteur (art. 9) et tableau des dimensions des panneaux.

    Voir le texte officiel →
  • IISR — 4e partie, Signalisation de prescription

    Art. 49 (implantation et répétition), art. 50 (B0), art. 68 et 68-1 (fin de prescription, B31).

    Voir le texte officiel →
  • IISR — 8e partie, Signalisation temporaire

    Art. 128 (détournements de circulation : route barrée, déviation), art. 135 (arrêté préalable).

    Voir le texte officiel →
  • Code général des collectivités territoriales — pouvoirs de police du maire

    Fondement des décisions de restriction de circulation en agglomération et sur les voies communales.

Références établies sur les versions consolidées de l’IISR diffusées par le Cerema, qui sont des documents de travail : juridiquement, les textes publiés au Journal officiel font foi.

Dimensions du panneau B0

La gamme se choisit selon la voie et la vitesse, jamais selon le panneau.

GammeDiamètre du disqueEmploi
Miniature450 mmUtilisée notamment sur voies privées ouvertes à la circulation, parcs de stationnement, aires de service.
Petite650 mmUtilisée notamment en voirie urbaine contrainte, où la gamme normale gênerait le passage.
Normale850 mmLa gamme employée en règle générale.
Grande1050 mmUtilisée notamment sur certaines routes à chaussées séparées et voies rapides.
Très grande1250 mmUtilisée notamment sur autoroutes et certaines sections à vitesse élevée.

SourceIISR, 1re partie — Généralités, tableau des dimensions des panneaux, colonne « Disque (diamètre) ». La gamme normale s’emploie en règle générale ; le choix d’une autre gamme relève des règles de l’IISR et du type de voie, et non du seul code du panneau. Les emplois cités ci-dessus sont des exemples, pas une règle d’affectation.

Implantation du panneau B0

Coupe de principe : le panneau en bord de chaussée, hauteur sous panneau et retrait latéral.chausséedébut de la prescriptionhauteurretraitAu-dessus d’un trottoir : la hauteur libre doit laisser passer les piétons.chausséetrottoir2,30 mpassage libre
Deux coupes de principe : en rase campagne, puis au-dessus d’un trottoir, où la hauteur libre doit laisser passer les piétons. Les valeurs exactes dépendent de la voie et de la configuration des lieux — les repères ci-dessous les précisent, avec leur source.
Hauteur
En rase campagne, le bord inférieur du panneau est placé en principe à 1,00 m au-dessus du niveau de l’accotement. En agglomération bénéficiant d’un éclairage public, les panneaux peuvent être placés jusqu’à 2,30 m, notamment afin de limiter la gêne pour les piétons. « En principe » n’est pas une précaution de style : l’article prévoit des adaptations selon les circonstances locales.

SourceIISR, 1re partie — Généralités, article 9 « Hauteur des panneaux au-dessus du sol », A-a et A-b.

Distance latérale
La distance entre l’aplomb de l’extrémité du panneau située côté chaussée et la rive voisine ne doit pas être inférieure à 0,70 m. Elle peut être réduite lorsque les contraintes physiques ou géométriques le nécessitent, notamment en agglomération ou en montagne. À ne pas confondre avec la position du support : en rase campagne, l’article 8 prévoit aussi que le panneau soit hors de la zone de récupération, ou son support à 2 m au moins du bord voisin de la chaussée, sauf circonstances particulières.

SourceIISR, 1re partie — Généralités, article 8 « Implantation des signaux », i).

Distance d’annonce
Pas de distance d’annonce : le panneau est placé au voisinage immédiat de l’endroit où la prescription commence à s’imposer. Sur chantier, en revanche, la 8e partie organise l’amont : à l’origine de la déviation, le B0 est associé à un panneau KC1 « ROUTE BARRÉE » et au jalonnement de déviation, et lorsque le barrage ne se trouve pas aux abords immédiats, c’est un B1 complété le cas échéant d’un panonceau « SAUF RIVERAINS » qui est employé.

SourceIISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 49 ; 8e partie — Signalisation temporaire, article 128.

Orientation
La face avant du panneau doit être sensiblement perpendiculaire à la direction suivie par l’usager, et le plan du panneau, sur accotement, est vertical et légèrement tourné vers l’extérieur de la route : l’instruction demande que l’angle avec l’axe de vision reste différent de 90°, faute de quoi la réflexion spéculaire rend le panneau illisible quelques secondes de nuit.

SourceIISR, 1re partie — Généralités, article 8, a).

Visibilité
L’instruction pose le principe en une phrase : un signal doit être parfaitement visible par ceux à qui il est destiné, et par ceux-là seulement. C’est le point faible du B0 en milieu urbain dense : posé au ras du carrefour, il n’est lu qu’une fois le véhicule engagé, et il faut alors manœuvrer dans une voie fermée.

SourceIISR, 1re partie — Généralités, article 8 ; visibilité de nuit : article 13.

En agglomération
C’est son terrain le plus fréquent : rues piétonnes, cœurs de bourg, impasses techniques. Un point réglementaire s’y ajoute : les prescriptions signalées à l’entrée d’une agglomération ne valent que sur la route où le panneau est implanté, sauf prescription zonale ou panonceau M9z « Dans toute l’agglomération ».

SourceIISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 49.

Hors agglomération
Sur chemin rural, voie forestière ou digue, le B0 se pose à l’entrée du linéaire fermé. La question à trancher avec le gestionnaire est celle des ayants droit : exploitants agricoles, propriétaires enclavés, services de secours, dont l’accès se porte sur le panonceau.

SourcePratique d’implantation courante des gestionnaires de voirie.

Quand utiliser un B0 ?

Quand il s’agit de fermer une voie à la circulation des véhicules dans les deux sens, et que cette fermeture a été décidée par l’autorité compétente. Le B0 se choisit lorsque l’interdiction est générale : dès qu’elle ne vise qu’une catégorie — véhicules à moteur, poids lourds, cycles, transports de marchandises — un panneau spécifique existe et dit mieux ce qu’il interdit. Dès qu’elle ne vise qu’un sens, c’est le B1 qui s’impose du côté fermé. Et dès que la voie doit rester accessible à une partie des usagers, le panonceau d’exception fait partie du dispositif au même titre que le disque : le poser plus tard « quand on aura le temps » revient à publier une interdiction que le gestionnaire n’a pas voulue.

Panneaux associés

  • B1 Sens interdit

    Le choix se fait presque toujours entre les deux : fermer la voie dans les deux sens, ou n’en fermer qu’un. Sur une route barrée, la 8e partie retient le B0 aux abords immédiats du barrage et le B1 lorsque celui-ci est plus loin.

  • M9z Panonceau d’indications diverses

    Porte les mentions libres — « SAUF RIVERAINS », plages horaires, « Dans toute l’agglomération ». C’est lui, et non les panonceaux à vélo, qui exprime une exception de desserte.

  • M9v1 Panonceau « INTERDIT SAUF » cycles

    Soustrait les cyclistes à la prescription du panneau associé : il porte le pictogramme du cycle, et rien d’autre.

  • M9v2 Panonceau « SAUF » cycles

    Même fonction, formulation courte. À ne pas employer pour une exception qui ne concerne pas les cycles.

  • M2 Panonceau d’étendue

    Indique la longueur sur laquelle l’interdiction court. L’article 68 dispense de signaler la fin de prescription lorsqu’il a annoncé cette longueur.

  • B31 Fin de toutes les interdictions précédemment signalées

    Referme d’un seul panneau les prescriptions signalées en amont. L’article 68-1 en écarte l’emploi sur une route dont la limitation de vitesse diffère de la réglementation générale.

  • B9a Accès interdit aux piétons

    Le panneau à employer quand c’est le passage à pied qu’il faut écarter : le B0 ne vise que les véhicules.

  • K2 Barrage

    À l’origine de la route barrée, la 8e partie associe un ou plusieurs barrages K2, un panneau KC1 et un B0 ou B1 : le barrage ferme, le disque prescrit.

Quand prend fin une interdiction de circuler ?

Un B0 n’est pas une porte qu’on referme derrière soi : la question n’est pas « où finit le panneau » mais « jusqu’où court l’interdiction ». Un point mérite d’être dit d’emblée, parce qu’il est régulièrement transposé à tort depuis les interdictions de tourner : une intersection ne met pas fin à un B0. L’article 49 impose au contraire de le répéter au-delà.

  • Une intersection franchie — sans panneau de rappel

    L’intersection n’éteint pas la prescription : les panneaux de prescription doivent être répétés après chaque intersection, autre que celles avec des voies privées non ouvertes à la circulation publique ou des chemins de terre. L’absence de rappel est un défaut de signalisation, pas une fin d’interdiction — c’est exactement l’inverse de la règle applicable aux B2a, B2b et B2c.

    SourceIISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 49.

  • Un panonceau d’étendue M2

    Lorsque le panonceau d’étendue a indiqué la longueur sur laquelle régnait la prescription, l’instruction dispense de mettre en place une signalisation de fin de prescription. En signalisation temporaire, la 8e partie le dit dans les mêmes termes.

    SourceIISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 68 ; 8e partie, article 126, F.

  • Un panneau B31, fin de toutes les interdictions précédemment signalées

    Le B31 signale la fin de toutes les prescriptions qui ont fait précédemment l’objet d’une signalisation. Il n’implique pas la disparition des prescriptions résultant d’un texte général — celles qui découlent du fait que l’on est en agglomération, par exemple — et il ne doit pas être placé sur une route dont la limitation de vitesse diffère de la réglementation générale, car il y mettrait fin.

    SourceIISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 68-1.

  • La limite de l’agglomération, pour une prescription d’arrêté local

    Lorsqu’une prescription a été édictée par un arrêté local et prend fin à la limite de l’agglomération, le panneau de fin d’agglomération — ou le panneau de localisation de la commune limitrophe — l’indique suffisamment : aucun panneau de fin de prescription n’est requis.

    SourceIISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 68.

  • La fin d’une fermeture temporaire

    Le retour aux conditions normales de circulation est indiqué par un panneau B31 de fin de toutes prescriptions, à moins que certaines prescriptions restent valables : elles doivent alors être rétablies au-delà du B31. Sur un itinéraire de déviation, la 8e partie prévoit de la même façon une signalisation de fin de prescriptions, B31 ou B33, s’il existait une signalisation de prescription.

    SourceIISR, 8e partie — Signalisation temporaire, articles 128 et 133, E.

B0 en signalisation temporaire

Le B0 est un familier des chantiers, et la 8e partie lui donne une place précise dans le dispositif de route barrée. À l’origine de la déviation viennent un panneau KC1 portant la mention « ROUTE BARRÉE », un B0 — ou, lorsque le barrage ne se trouve pas aux abords immédiats, un B1 complété le cas échéant d’un panonceau « SAUF RIVERAINS » — des signaux K8 orientés dans le sens de la déviation, et le jalonnement KD21 / KD22. À l’origine de la route barrée elle-même viennent un ou plusieurs barrages K2, un second KC1 et un B0 ou B1. Trois conséquences pratiques en découlent. D’abord la position : le disque posé contre le barrage arrive trop tard, et l’on récupère des véhicules qui manœuvrent en marche arrière dans une rue étroite ; l’instruction distingue justement les deux points. Ensuite la déviation : fermer sans jalonner revient à laisser chacun improviser son itinéraire, et les panneaux existent pour l’éviter. Enfin les ayants droit : sur un chantier de réseau, riverains, secours et ramassage des déchets doivent souvent continuer de passer, ce qui se porte sur le panonceau et se rappelle à l’équipe qui pose. Un B0 provisoire sur pied lesté suit les mêmes exigences de stabilité que le reste de la signalisation temporaire — il doit tenir au vent comme au souffle des poids lourds.

Les 6 erreurs les plus fréquentes

  1. 01Une seule entrée signalée sur les deuxLa rue est fermée côté place, pas côté impasse. Ceux qui arrivent par l’autre bout n’ont rien vu, s’engagent, et se retrouvent nez à nez avec le barrage. Le B0 interdit dans les deux sens, mais un panneau ne se lit que de face, et l’article 49 impose sa répétition après chaque intersection : chaque point d’entrée demande le sien.
  2. 02L’exception restée dans l’arrêtéL’acte prévoit un accès pour les riverains et les livraisons, le panonceau n’est jamais venu. Résultat : ceux qui ont le droit de passer le font sous un panneau qui dit le contraire, et les autres s’en autorisent. Ce qui reste permis se lit sous le disque, ou ne se lit nulle part.
  3. 03Le panonceau à vélo employé pour une exception de desserteOn pose un M9v2 « SAUF » en croyant ouvrir la voie aux riverains : ce panonceau porte le pictogramme du cycle et ne soustrait que les cyclistes à la prescription. Une exception de desserte s’écrit sur un panonceau d’indications diverses M9z, celui des mentions libres.
  4. 04Confondre la fermeture aux véhicules et la fermeture aux piétonsUn B0 posé à l’entrée d’une passerelle ou d’un ouvrage dégradé n’écarte pas les piétons — il vise les véhicules. Quand c’est le passage à pied qui doit être interdit, l’instruction prévoit le B9a, et un dispositif physique l’accompagne.
  5. 05Le disque monté sur une barrière qu’on déplaceFixé sur une barrière mobile, le B0 tourne avec elle. Le lendemain, il fait face au trottoir ou à la voie qu’on voulait laisser ouverte. Or l’instruction demande qu’un signal soit visible par ceux à qui il est destiné et par ceux-là seulement : un panneau qui prescrit doit être tenu par un support dont l’orientation ne change pas au gré des passages.
  6. 06Employé là où un panneau de catégorie dirait mieuxOn ferme tout parce que c’est plus simple, alors qu’on ne voulait écarter que les véhicules à moteur ou les poids lourds. L’interdiction générale se retourne alors contre le gestionnaire : elle interdit aussi ce qu’il souhaitait maintenir, et ceux qui passent malgré tout ont raison sur le fond et tort sur la forme.

B0 ou B1 : lequel poser ?

B0B1
Ce qui est interditToute circulation de véhicules sur la chaussée concernéeL’engagement dans le sens où le panneau est vu
Sens visésLes deux sens de la voieUn seul sens — l’autre reste ouvert
AspectDisque blanc, listel rouge, videDisque rouge barré d’un rectangle blanc
Où il se poseAu début de l’interdiction, répété après chaque intersectionÀ l’entrée interdite, et à toutes les intersections donnant accès à la section
Sur une route barréeEmployé aux abords immédiats du barrageEmployé lorsque le barrage n’est pas aux abords immédiats
Ce qu’il ne règle pasNi le stationnement, ni la vitesse, ni les piétonsNi le stationnement, ni les piétons ; il ne ferme pas la voie

On pose un B0 quand la voie doit être vidée de sa circulation : rue piétonne, chemin fermé, section en travaux. On pose un B1 quand la voie reste circulée, mais dans un seul sens : c’est un panneau de sens unique, pas un panneau de fermeture. Le test le plus simple tient en une question : après la pose, reste-t-il des véhicules qui doivent légitimement rouler sur cette section ? Si oui, ce n’est pas un B0 qu’il faut — c’est un B1, un panneau de catégorie, ou un B0 assorti de son panonceau d’exception.

Questions fréquentes

Le panneau B0 interdit-il aussi aux piétons ?

Non : le B0 interdit toute circulation de véhicules sur la chaussée à laquelle il s’applique. Un piéton n’est pas un véhicule, et une rue fermée par un B0 reste ouverte à la marche. Quand c’est le passage à pied qui doit être écarté, l’instruction prévoit un panneau distinct, le B9a « accès interdit aux piétons ».

SourceIISR, 4e partie — Signalisation de prescription, articles 50 et 58.

Peut-on passer à vélo devant un panneau B0 ?

Un cycle est un véhicule : sauf mention contraire, l’interdiction le concerne. Pour maintenir l’accès des cyclistes, le disque se complète d’un panonceau M9v1 « INTERDIT SAUF » ou M9v2 « SAUF » portant le pictogramme du cycle, dont la fonction est précisément de soustraire les cyclistes à la prescription du panneau associé. Le régime applicable à une voie donnée dépend de la décision de l’autorité compétente.

SourceIISR, 1re partie — Généralités, article 9-1 et panonceaux M9 ; 4e partie, article 50.

Que signifie « sauf riverains » sous un panneau B0 ?

Que l’interdiction générale portée par le disque ne s’applique pas aux bénéficiaires désignés sur le panonceau — une mention libre portée par un panonceau d’indications diverses M9z. La définition exacte de ces bénéficiaires relève de la décision qui institue l’interdiction ; le panonceau la porte à la connaissance de l’usager. C’est pour cette raison que sa rédaction se cale sur celle de l’acte, mot pour mot.

Un B0 prend-il fin à la prochaine intersection ?

Non, et c’est l’erreur la plus répandue à son sujet, transposée depuis les interdictions de tourner. Les panneaux de prescription sont placés au voisinage immédiat de l’endroit où la prescription commence à s’imposer et doivent être répétés après chaque intersection, autre que celles avec des voies privées non ouvertes à la circulation publique ou des chemins de terre. L’intersection appelle un rappel, elle ne met pas fin à l’interdiction.

SourceIISR, 4e partie — Signalisation de prescription, article 49.

Quel diamètre pour un panneau B0 ?

Le B0 étant circulaire, la dimension s’exprime en diamètre : 450 mm en miniature, 650 en petite, 850 en normale, 1 050 en grande, 1 250 en très grande. La gamme normale s’emploie en règle générale ; en voirie urbaine contrainte, la petite gamme évite d’encombrer un cheminement déjà étroit.

SourceIISR, 1re partie — Généralités, article 5-3 et tableau des dimensions des panneaux, colonne « Disque (diamètre) ».

À quelle hauteur poser un panneau B0 ?

En rase campagne, le bord inférieur du panneau est placé en principe à 1,00 m au-dessus du niveau de l’accotement. En agglomération bénéficiant d’un éclairage public, les panneaux peuvent être placés jusqu’à 2,30 m, notamment afin de limiter la gêne pour les piétons — c’est une possibilité ouverte, pas une règle générale du trottoir.

SourceIISR, 1re partie — Généralités, article 9, A-a et A-b.

Faut-il un arrêté pour poser un panneau B0 ?

Une interdiction de circuler relève d’une décision de l’autorité compétente sur la voie. En signalisation temporaire, l’instruction est explicite : la pose de signaux de prescription doit être, sauf cas de force majeure, préalablement autorisée par un arrêté de l’autorité investie du pouvoir de police sur la route concernée, des arrêtés permanents pouvant être établis pour les chantiers courants et les interventions d’urgence.

SourceIISR, 8e partie — Signalisation temporaire, article 135.

B0 ou barrière : que faut-il pour fermer une rue en travaux ?

Les deux, et pas au même endroit. À l’origine de la route barrée, l’instruction prévoit un ou plusieurs barrages K2, un panneau KC1 « ROUTE BARRÉE » et un B0 ou B1 ; à l’origine de la déviation, en amont, un KC1, un B0 — ou un B1 si le barrage n’est pas aux abords immédiats — et le jalonnement de déviation. Une fermeture qui ne se signale qu’au contact du barrage produit des demi-tours dans la rue.

SourceIISR, 8e partie — Signalisation temporaire, article 128.

Pour aller plus loin

Fiche relue le 8 septembre 2026. La réglementation évolue : en cas de doute, le texte officiel fait foi.